Les années 90 : débauche musicale ?

Avec la montée des nationalismes et les bouleversements socio-économiques, de nouveaux sons musicaux remplacent les groupes rock yougoslaves. Ces nouveaux genres viennent  conter les nouveaux travers et problèmes d’une société yougoslave divisée. Ces styles musicaux sont très largement critiqués pour leur manque de raffinement mais connaissent de vraies success stories. Ces fameux « déviants » sont le turbo folk et le Diesel Power.

Après le folk, voici le Turbo Folk !

Sous Tito, la musique folk fut fortement réduite car, selon le maréchal, celle-ci était embarrassante. Cependant, sous l’impulsion des nationalismes, le son folk connait une vraie renaissance. Pour certains, Milosevic aurait été un des principaux moteurs de cette musique en voulant absolument favoriser ces paroles et chanteurs nationalistes. En effet, les chanteurs sont dès lors catégorisés selon une nationalité unique, et leurs chansons ont souvent une connotation patriotique, dissimulée sous des paroles pleines d’amours et de cœurs brisés. Pour les jeunes, le turbo folk devient une échappatoire qui permet de s’exiler des conflits et des tensions. Encore aujourd’hui, ce sont les sons turbo folk qui bercent les soirées en discothèque et les grands évènements familiaux.

Ceca – Beograd

Mariée à Zeljko Raznatovic, ou Arkan, le chef d’une des plus grandes forces paramilitaires pendant les guerres yougoslaves ainsi que fameux criminel en tout genre, Ceca vient bercer les aventures et le club de football belgradois de son homme. A ses côtés, et grâce à ses fonds et ses réseaux, elle devient très vite l’une des chanteuses les plus connues du Turbo folk. Elle chante majoritairement des chansons d’amour, et surtout de tragédies amoureuses. La chanson « Beograd », qui est encore une chanson à l’eau de rose, est pour une majorité de jeunes une chanson presque patriotique dédiée à Belgrade.

Lepa Brena – Ja nemam drugi dom


Née dans une famille musulmane dans une ville en BiH, Fahreta Jahic se présente à ses débuts comme yougoslave. Elle présente notamment en 1989,  sa chanson« Jugoslovenka » – La Yougoslave. Néanmoins, en 1994, elle chante « Ja nemam drugi dom » dont les paroles sont : « Je n’ai pas d’autre maison, que celle dans ton cœur ». Beaucoup moins politisée, Lepa Brena est alors mariée à un serbe, vit et a donné naissance à son premier fils en Serbie.

Halid Beslic – Grade moj

Ce chanteur bosniaque, alors chanteur de chansons d’amour, dédie en 1993 un album presque entier à Sarajevo, avec des chansons comme « je me prépare pour la Bosnie » ou « Enfants bosniaques ». Dans, Grade moj – « Ma ville », les paroles parlent d’elles-mêmes : « Ma ville vais-je te revoir, Je ne veux pas mourir à l’étranger ».

Andrea Sekularac

The Vice Guide to Balkans : entre «bons» et «mauvais» préjugés

Même si certains documentaires appréhendent la culture balkanique sous un nouvel angle, ils buttent encore sur certains préjugés. Le documentaire «The Vice Guide to Balkans» s’articule autour d’une approche plus directe de la population mais égratigne peu les idées reçues.

The Vice Guide est supposé être, d’après le groupe américain Vice Media, «un reportage sur les destinations les «plus dangereuses et étranges de la planète». Priorité serait donné «à la réalité, la subjectivité et à l’impertinence». Sous ces directives,  le journaliste et «héros improbable», Thomas Morton part vivre l’expérience balkanique. De Jugoland, parc d’attraction à la mémoire et à la nostalgie de Tito, au Nord de la Serbie,  Morton s’attache déjà à quelques préjugés qu’il va confirmer à Belgrade.

Accueilli par une chanteuse de Turbofolk, Morton semble très peu apprécier cette musique, un «déchet musical», selon lui. Il affirme que ces chansons, interprétées par des chanteuses plus ou moins impressionnantes et impudiques incitent à l’ivresse, la drogue et la violence. Pourtant, l’«Elton John Serbe», K.Kovac explique que cette musique permet aux jeunes de s’évader des problèmes sociaux.

 Violence ou sécurité

Dans une discothèque à Belgrade, le journaliste semble entouré de «sauvages» cherchant une occasion de satisfaire leurs pulsions. Les rixes sont présentées comme une chose presque normale voire habituelle. Pourtant, d’après le Country Guide Serbie,  « Il n’y a aucun danger pour un touriste en Serbie […] La petite délinquance est très faible, en tout cas sans comparaison possible avec les grandes villes de France ».

Autre stéréotype sur la région: les Balkaniques seraient des fêtards. Une réputation confirmée puisque Belgrade a été élue, par les différentes agences de voyages mondiales, première ville pour la vie nocturne en 2009, suivie de Montréal et de Buenos Aires. De Janvier à Juin 2011, Belgrade a accueilli plus de 152 000 touristes sur plus de 500 000 sur toute la Serbie.

 Des stéréotypes positifs

Autre préjugé, plutôt positif : les Balkans seraient la source des plus belles femmes d’Europe. Un mythe entretenu par les médias comme par les touristes. La top-modèle, Bojana Panic, qui a notamment participé aux défilés Chanel et Dior, en est l’exemple. Mais il n’y a pas que les femmes, le champion de tennis, Novak Djokovic fait aussi tourner bien des têtes.

Au-delà des documentaires, pour se faire une idée de la réalité des Balkans, l’idéal est de les visiter, une option possible depuis que ces pays développent le tourisme.

Andrea Sekularac