July morning – rock et esprits libres autour de la mer Noire

Quel est le point commun entre l’aube du premier juillet, du chanteur John Lawton et les rivages de la mer Noire. La réponse est : « July morning »,une fête pacifique qui célèbre la musique et la douceur de vivre !

July Morning avec Lawton

July Morning sur une plage de Kamen Bryag avec John Lawton

July morning fait partie d’une tradition assez récente en Bulgarie. La première fois, Джулая a eu lieu à Varna en 1986. Le mouvement s’est développé pendant le communisme, alors que le fait d’admirer les tendances occidentales représentait de vraies luttes et révoltes contre le système. Le July morning à cette époque était l’occasion d’échanges d’idées, de conversations dans une ambiance joyeuse sur la plage. Rassemblés autour d’un feu, faisant des lectures littéraires et discussions, les adhérents de July morning y créent une atmosphère festive, enrichie par les sons de la mer et du rock. L’idée de cette fête vient d’un mouvement considéré comme hippie. Les fondateurs du July morning sont un groupe de jeunes personnes décidées à faire une sorte de protestation paisible. En ayant assez du système communiste et de toutes les interdictions qu’il impose à la société, ces jeunes Bulgares commencent à se rassembler chaque année pour attendre ensemble les premiers rayons du soleil juilletiste. Le réveil du soleil entre le 30 juin et le 1 juillet a une signification symbolique, il représente l’espérance d’un nouveau début et d’un meilleur avenir

Le nom de la fête

Aujourd’hui plusieurs événements sont organisés pour célébrer July morning. Une personnalité internationale y participant assez régulièrement est John Lawton, le vocaliste d’Uriah Heep, groupe britannique assez connu pendant les années 1970 et 1980. En effet, le nom de la fête a des origines assez intéressantes : July morning est le nom d’un morceau rock des années 1970 d’Uriah Heep. Cette chanson est l’un des hits du groupe de l’album « Look at yourself » de 1971. John Lawton, après avoir compris que son tube était devenu comme l’hymne de cet évènement, est venu plusieurs fois à Kamen Bryag (un village au bord de la mer Noire), pour chanter en vrai le maître-mot de la fête « hippie ».

July morning aujourd’hui

Ces dix dernières années, plusieurs concerts ont été organisés au bord de la mer, par exemple à Kamen Bryag, à Bourgas, ou encore à Varna. Cette année, un festival aura lieu à Sozopl musical à cette occasion. Le public aura la possibilité d’écouter pendant 48 heures des Dj comme des groupes de rock bulgares. Le 29 juin, le festival va débuter avec la bande de Brooklin Tortured Soul de style soul, dance et house. Le July Morning de cette année sera un cru exceptionnel !
Ces dernières décennies, le festival devient de plus en plus populaire. Le bord de mer ne suffit plus et des concerts sont organisés aussi sur des collines des villages ou le long des grandes rivières. Dans les grandes villes, ceux qui ne peuvent pas se déplacer pour la fête, sympathisants, peuvent attendre le réveil du soleil sur une terrasse orientée à l’est. Avec la démocratisation du pays, l’idée de la fête a évoluée en Bulgarie. Actuellement, le’’ July’’ est la fête préférée des jeunes qui ont envie d’aller au bord de la mer pour écouter du vrai rock et  faire des connaissances avec d’autres jeunes gardant l’esprit originel de 1986. Mais avant tout, July morning représente une occasion d’échapper à la civilisation et au chaos du quotidien.

Gergana Kiskinova

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« Balkan Trafik » – un vrai trafic culturel

Le Festival « Balkan Trafik » fait bouger depuis 7 ans le public bruxellois au son des rythmes balkaniques. Cette année, environ 200 artistes venus du sud-est de l’Europe vont présenter des œuvres cinématographiques et donner des concerts exceptionnels pour le plus grand plaisir des adeptes de la musique balkanique.

Cette année et pour 7ème fois depuis la création du festival, le public bruxellois peut profiter du 17 au 21 avril d’un véritable spectacle interculturel avec tapis rouge au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Au programme de ce Balkan Trafik 2013, la participation très attendue du brillant chanteur et musicien Goran Bregović, ainsi que des formidables instrumentalistes turcs du Taxim Trio et la formation Aka Balkan Moon, vraie symbiose musicale entre des musiciens de jazz belges et bulgares, parmi lesquels le plus célèbre kavaliste bulgare, Nedyalko Nedyalkov.

La musique rom est également de la fête avec Amza et les New York Gypsy All Stars qui mélangent de façon extraordinaire, la musique traditionnelle balkanique, un rock puissant et le jazz américain. Le groupe a été fondé par le clarinettiste macédonien Ismail Lumanovski et le bassiste grec Panagiotis Andreou. Ils ont été rejoint ensuite par le turc Tamer Pnarbasi, jouant du Qanûn (cithare orientale), le percussionniste australien Engin Gunyadin et le claviériste américain Jason Lindner. Tous ensemble, ils créent un spectacle musical riche en couleurs et sons en provenance de tous les continents.

Lors du festival Balkan Trafic on peut écouter aussi du rock avec Jericho qui crée une fusion entre rock, alternative, électro et des sons traditionnels de la région du Kosovo et de l’Albanie du nord, La chanteuse albanaise Eda Zari et le bosniaque Dammir Imamovic sont également de la partie. Mais ce n’est pas tout. Le festival organise des ateliers et des workshops de danses folkloriques balkaniques, ainsi que des débats portant sur les thèmes de la culture balkanique au sein de l’UE. Le Balkan Trafic festival fera de nouveau honneur au cinéma de la région avec la projection de films tels que le film roumain Everybody in our Family de Radu Jude ou bien Circle du réalisateur serbe Srdan Golubovic et des films documentaires sur des artistes balkaniques parmi lesquels Balkan Mélodie de Stefan Swietert.

Philosophie : trafic de culture

Les organisateurs n’ont pas choisi le mot de Trafic par hasard. Très souvent la vision des Balkans passe par des clichés et des stéréotypes. La première association qu’on peut faire en parlant des Balkans et du trafic est bien celle du trafic d’armes. L’idée du festival est d’échapper à ces clichés et insiste sur le fait que les Balkans représentent surtout un trafic de cultures, de rythmes, d’expériences et d’émotions positives. Le son des fanfares et des accordéons créent une ambiance de fête à la balkanique, avec un degré élevé d’énergie positive et des sons qui font bouger le corps.

Histoire de poudre

Nicolas Wieërs est le fondateur de ce festival. En 2003, il voyage au Kosovo avec l’idée de réaliser un film documentaire. En visitant la région, dans un décor d’après guerre, il est étonné par les mentalités de la région, qui se caractérisent par une forte volonté de réussir, une ouverture vers les autres et une grande joie de vivre. Il est impressionné par l’optimisme des jeunes kosovars malgré les souvenirs récents de la guerre. Pendant son séjour dans les Balkans il se rend compte que cet énergie a cours non seulement au Kosovo mais dans la majorité des Balkans.
Wieërs comprend aussi l’importance de la musique traditionnelle.Il rentre en Belgique avec l’envie de
« transformer l’idée de poudrière des Balkans en poudrière culturelle » grâce à un projet culturel. C’est de cette façon qu’est née l’idée de ce festival musical, premier du genre organisé en Belgique.

Gergana Kiskinova

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Festival de Guča : Avec tambour et trompettes

La ville de Guča, dans le sud-ouest de la Serbie, est la maison spirituelle de cette musique appelée « le Cuivre Balkanique ». Chaque début août, environ un million de visiteurs y écoutent les meilleurs orchestres de la région.

Au commencement du festival de Guča, en 1961, ce n’était qu’une assemblée de trompettistes motivés pour préserver les musiques locales et folkloriques dans la Yougoslavie de Tito. Depuis 52 ans, la petite association locale a prospéré. La ville dispose désormais d’un stade, d’infrastructures pour la population locale et d’une scène musicale très connue internationalement et toujours aussi forte.

En plus de réunir la crème de la crème des « trubaci », c’est son ambiance joyeuse et festive qui donne envie d’aller à Guča. Le weekend du festival, qui a toujours lieu pendant l’été sous une chaleur caniculaire, représente une chance pour les nombreux groupes, « les Orkestars », de se disputer le titre de Meilleur orchestre du pays. Presque tous sont issus de la minorité rom du pays et s’entraînent sans relâche toute l’année. Le titre se gagne dans la sueur, l’effort et le souffle. Plus important encore, c’est aussi une opportunité pour les orchestres de célébrer leurs traditions et de se réjouir ensemble de la renaissance de la popularité de ce genre iconique de la région.

Perpétuer la tradition

La dernière édition du festival, Guča 2012, a été fréquentée officiellement par 950 mille personnes, dont 50 000 étrangers. Les 900 000 Serbes qui se sont déplacés ont démontré par leur présence massive que le festival de Guča reste primordial dans la culture serbe.
Le cuivre balkanique est un style de musique rapide mais organique. Le rythme dansé des temps passés cadence encore un style inscrit dans l’ADN national des Serbes. Le plus grand rassemblement annuel n’est donc pas quelque chose de trivial ou d’anodin. Les artistes connus et inconnus y vont en espérant y puiser l’inspiration ou récolter la gloire. Des musiciens du monde entier font aussi le déplacement, notamment le groupe américain Beirut qui y a trouvé l’inspiration pour sa chanson Gulag Orkestar.

La ville de Guča est le centre névralgique où perdure cette tradition grâce aux talents des musiciens mais aussi grâce à un festival convivial et joyeux. Que la fête commence.

Thomas Desai

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