Presidential elections in Macedonia: a struggle with identity

Josip Broz Titto had his presidential Residence “Biljana” built in Ohrid, Macedonia to enjoy the landscapes of the Socialist Federal Republic of Yugoslavia. In the past four years, the villa with a wonderful view on Lake Ohrid was inhabited by Gjorge Ivanov, the President of the Former Yougoslavian Republic of Macedonia (or more easily “Macedonia”). On the 13th of April and the 27th of April the citizens of Macedonia, of which about 20 % is Albanian, will decide in two ballots who will move in the Presidential Residence. Three women express their opinion on the three male candidates.

Macedonian flag Credits: Wikimedia Commons/CC/Flammard

Macedonian flag
Credits: Wikimedia Commons/CC/Flammard

An election for your job

“If you want to have a job, you have to be a member of the party”, says Marja, a student in Finance and Economics in Skopje. The public sector expanded massively under the ruling party VMRO-DPMNE and so did the influence of politics on media, justice and economy. The heavy pressure of the government on ordinary citizens, the harsh economic situation and the mistrust between Albanians and Macedonians explain why the Presidential election is an existential question for many citizens. If you choose the wrong candidate, you might risk your job in the administration. Indeed, this is one of the main reasons why many Macedonians will go to vote.

An election for change

Marja explains: “The President of Macedonia is a statue!” It is true that the Presidency has mainly symbolic tasks. His election is important because he serves as reference point for the political identity of the people: Macedonians will vote for a Macedonian candidate, Albanians will vote for the Albanian one. Also, the legislative elections were put on the same date because, to validate the second ballot of the elections, a participation of more than 40% is needed and some parties will use it to boycott the elections.

Stevo Pendarovski Credits: Wikimedia Commons/CC/MacedonianBoy

Stevo Pendarovski, candidate from the opposition party SODUS-SDSM
Credits: Wikimedia Commons/CC/MacedonianBoy

At the moment the main clash is between the nationalist party on power VMRO-DPMNE and the more liberal and EU friendly party in opposition SODUS-SDSM. “The actual President is Gjorge Ivanov from VMRO-DPMNE. This is the old party and I don’t see, what he wants to change. And, they set Macedonia above everything.” says Marja, “Stevo Pendarovski is from SODUS-SDSM who wants to improve the situation of young people. I think he can make a change.” Elena, a student in political sciences is less optimistic:”I don’t believe that another President will change a lot. But even a small change is better than nothing.” The debate among young students is not about if there is a need of change, but if this change is actually possible in Macedonia. Elena is frustrated: “ I blame the people! I blame the people who sell their vote for bread.”

An election for identity

Gjorge Ivanov, Macedonian president and candidate Credits: Wikimedia Commons/CC/Harald Dettenborn

Gjorge Ivanov, Macedonian president and candidate
Credits: Wikimedia Commons/CC/Harald Dettenborn

Jelana, who works in a bar in Ohrid, is one of the few Macedonians who is actually aware that there is an Albanian candidate. Iljaz Halimi from the DAP represents the Albanian minority that is tolerated but lives in constant tensions with the Macedonian majority. No one believes that he will have a chance to win the elections, but the question is who they will support in a second circle, as their coalition with VMRO-DPMNE split up facing the presidential elections. While Jelana cleans a glass she says: “The Albanians want to take over ever since. It is important to go vote because one of the candidates (Pendarovski) will let more Albanians in the Parliament and the other (Ivanov) will not.” The Albanians minority has many political rights but many prejudges from both sides implement a strong separation between Albanians and Macedonians. “We are the nation and they are an ethnical group. Gjorge will make this separation but maintain peace. The other candidate looks like a joke!”

An election in critique

Many people criticizes that there are a big inequalities between the party in power and the opposition in terms of available budget and TV-time. There was just one debate between the candidates and many hateful speeches. According to Marja, there is a strong pressure on citizens: “They are calling you to ask what you, what you think about politics. And I’m scared to say what I really think because I know that they have my number.” Then, at the end of our conversation, Elena adds: “They are trying to brainwash us every time.”

Marc Weilenmann

Elections anticipées en Serbie : un pas vers l’UE

Le dimanche 16 mars, les Serbes ont voté pour leurs représentants parlementaires à mi-mandat du Parlement. Les résultats ont marqué une réaffirmation du pouvoir conservateur et pro-européen d’Aleksandar Vučić qui réanime l’espoir d’entrée dans l’Union européenne en Serbie.  

Ce scrutin législatif a été convoqué à moitié du mandat de quatre ans du Parlement, à la demande de SNS (Parti progressiste serbe) qui a voulu légitimer une série de réformes économiques lourdes dans un pays lourdement en proie à la crise.

Depuis la victoire de Milošević en 1990 qui avait emporté 194 sièges au Parlement, le résultat des urnes n’a jamais été autant significatif. LeParti progressiste serbe de l’actuel premier ministre Aleksandar Vučić (SNS) a remporté les élections avec 48.44% des voix. Le parti socialiste de Serbie du premier ministre sortant, Ivica Dacic, arrive en deuxième position avec 14% des voix. Le Nouveau Parti démocratique (NDS) dirigé par l’ancien président Boris Tadic a reçu 5,86% des voix, suivi par l’ancien parti de Tadic, le Parti démocratique (DS) avec seulement 5,46% des voix. Ces résultats signifient que SNS, ayant la moitié des sièges n’a plus besoin d’une coalition pour gouverner. L’équipe gouvernementale n’est toujours pas déterminée mais devrait se préciser dans les prochaines semaines.

infographie : Marion Dautry

infographie : Marion Dautry

Un moment important pour les minorités en Serbie

D’après la loi électorale de Serbie, il existe un seuil de 5% pour qu’un parti fasse son entrée à l’Assemblée nationale, mais cette loi ne s’applique toutefois pas aux partis minoritaires.

La région du Sandjak, au Sud de la Serbie, a fêté des résultats qui marquaient une grande victoire pour la population à majorité musulmane de la région. Novi Pazar, Tutin et Sjenica ont élus quatre représentants du Parti de l’action démocratique (SDA) de Sulejman Ugljanin. Un progrès petit mais considérable pour les Bosniaques de la région qui depuis 1990, n’avaient pas pu avoir autant de sièges au Parlement.  Autre minorité exemptée du barrage des 5%, les Hongrois qui siégeront également au sein du futur Parlement avec neuf sièges pour l’Union des Hongrois de Voïvodine. Quant aux Albanais,  ils retrouvent des places avec le Parti de l’action démocratique de Riza Halimi.

Un autre pas vers l’Europe

Vučić, ancien ultranationaliste, a affiché lors de son discours de victoire sa détermination à lutter contre la corruption, rétablir le progrès économique du pays sans oublier l’ultime objectif de l’adhésion à l’Union européenne.

L’Union européenne reste le chemin principal à poursuivre pour la Serbie qui envisage d’y adhérer d’ici 2018. Les négociations d’adhésion à l’Union européenne ont été ouvertes en janvier dernier déjà sous le gouvernement de Vučić. Les accords historiques passées avec le Kosovo ont été un des premiers pas importants posés par le gouvernement en matière d’une amélioration et normalisation des relations avec Pristina qui avait proclamé unilatéralement son indépendance en 2008, restant tout de même non reconnu par la Serbie et par une grande partie des pays au monde, y compris par 5 états membres de l’UE.

Des réformes portant sur les lois de travail, de privatisations et de la faillite devraient marquer l’agenda du nouveau gouvernement de Vučić afin d’attirer des investissements étrangers, de réduire le déficit budgétaire et la dette publique. Ces élections illustrent bien que l’espoir reste fort dans ce pays où le taux de chômage atteint toujours un niveau élevé autour des 20%.

Ece Yalavaç

Législatives en Serbie : un espoir de redressement économique ?

Les élections législatives anticipées en Serbie du 16 mars ont renforcé la position des Conservateurs (SNS), déjà au pouvoir depuis 2012.  Le campagne était fondée surtout sur les promesses d’amélioration de la situation du pays, en graves difficultés économiques.

Les élections anticipées ont été provoquées par le SNS qui affirmait la nécessité d’obtenir un mandat plus fort pour engager des réformes profondes et pour lutter contre la corruption très présente dans le pays. La campagne a porté ses fruits : avec 48 % des voix, le SNS a doublé son résultat des précédentes élections législatives de 2012, ce qui lui a permis d’obtenir 156 sièges dans un Parlement de 250 députés. En dehors de la thématique économique, le SNS insiste également sur l’intégration à l’Union européenne. Le Parti socialiste (SPS), ancien allié de SNS, est arrivé deuxième avec 13,9% des voix. La chute du Parti démocratique (DS), principal parti d’opposition est spectaculaire : le DS a obtenu 6,03% des suffrages, moins que la moitié de son résultat lors du scrutin de 2012.

infographie : Marion Dautry

infographie : Marion Dautry

Situation économique difficile et la nécessité des réformes

Malgré sa majorité parlementaire, la tâche du SNS ne sera pas facile. Les défis économiques à affronter sont considérables. Le pays se trouve dans une situation économique peu favorable : sur 7,1 millions d’habitants,  20% sont au chômage. Les salaires sont faibles : le salaire moyen mensuel ne s’élève qu’à 350 euros. La Serbie souffre d’un lourd déficit budgétaire, supérieur à 7% du PIB. Au total, la dette publique dépasse 60% du PIB du pays. La structure du marché du travail pose d’autres graves difficultés : le secteur public en Serbie compte plus de 700 000 fonctionnaires d’État, ce qui consomme chaque année environ huit milliards d’euros de budget. En tenant compte à la fois des difficultés économiques du pays et des hésitations gouvernementales d’engager les réformes impopulaires avant les élections, la Serbie a vu sa note abaisser de BB- à B+ par l’agence de notation Fitch en janvier 2014. Ainsi, le service de la dette serbe est devenue plus chère et le gouvernement est forcé de lancer des réformes profondes afin de prévenir un futur abaissement de la note.

Promesses du renouveau économique et des réformes structurelles

Le SNS dispose d’un mandat solide pour engager les réformes révendiquées dans sa campagne électorale. Mais l’économie serbe reste encore touchée par les dépenses de la guerre et les sanctions internationales qui l’ont suivie. En plus, la performance économique du pays souffre des effets de la corruption. Pour tenir ses promesses,  le SNS doit lancer les réformes structurelles profondes et faire passer la législation contre la corruption. Vucic, le chef du SNS, a fait la promesse de réformer des lois concernant le marché de travail pour le rendre plus flexible. Les lois sur la faillite sont également à l’ordre du jour. Compte tenu du haut nombre des fonctionnaires, les réformes vont passer aussi par la réduction d’emploi dans le domaine public. Les spécialistes soulignent la nécessité de la privatisation des entreprises étatiques qui ne font pas de profit afin de réduire les dépenses gouvernementales.

Les analystes affirment que le SNS va essayer d’obtenir un nouvel emprunt auprès du FMI, mais il lui faut avant réduire le déficit budgétaire et la dette publique afin d’accéder aux meilleures conditions du financement d’emprunt.

Radek JÁN