DJ Albanie : amour, mix et tradition

Cette semaine, une petite percée dans le rap albanais, tout en flirtant avec les rythmes tallava dont sont spécialistes les Roms et les Égyptiens,  sans oublier la rubrique « le classique » et un chanteur à la voix d’or qui vous fera changer d’avis sur la scène musicale albanaise !

Le hit du moment : « Ole ole », Genta Ismajli ft. DJ Blunt & Real 1

Un peu du parfum des nuits enflammées de Tirana… La kosovare Genta Ismaili, qui a déjà une belle dizaine d’années de carrière à son actif, se renouvelle, dans un genre dont les Albanais sont très friands. Quant à DJ Blunt, il fait partie du top 10 des DJ les plus en vue de la capitale. L’Albanie est tellement friande de mixeurs talentueux que même le monument américain David Morales s’y est risqué. Le prochain David Guetta sera peut être albanais !

Le classique : « Afër dhe larg », Elvana Gjata (proche et loin)

C’était le hit de l’été 2011 mais il reste sur toutes les lèvres, et surtout celles qui s’embrassent a distance. Peut-être n’est-ce pas simplement pour faire joli que le clip a été tourné en Grèce, pays d’exil de nombreux jeunes Albanais. Elvana Gjata, une des plus grandes stars nationales, raconte ces étés ou les jeunes se retrouvent et s’aiment au pays avant de se séparer pour aller travailler, étudier à l’étranger ou rester en Albanie.

Catégorie Bonnie and Clyde : « Të ndarë », Poni ft Dr Flori (séparés)

Si la chanteuse Poni est plus habituée au style folk traditionnel, elle mêle ici sa belle voix et sa classe au flow brut du rappeur Dr Flori. Un mauvais garçon qui regrette ses erreurs du passé et une belle innocente dont le coeur brûle de douleur alors qu’elle doit rester de glace, un schéma de couple peu original qui trouve un écho particulier en Albanie.

Pour les romantiques : « Per ty », Vedat Ademi (pour toi)

Pour ceux qui croyaient que la scène musicale albanaise se résumait au turbofolk, aux faux ongles et au play back, voilà Vedat Ademi, un nounours à la voix d’or qui chante en live avec un vrai groupe. Et pour la touche régionale, le séduisant Kosovar est marié à une Albanaise. « Chaque jour davantage, le vent se lève et ramène ton souvenir », voilà une version classe du séducteur albanais.

Parce que les minorités aussi ont une voix :

Mandi est le petit prince gitan du tallava albanais. Le tallava est un type de musique balkanique mâtinée d’influences grecques, turques, albanaises et slaves. Les principales caractéristiques de cette musique orientalisante sont des morceaux longs et monotones ponctués de solos et de parties chantées et parlées. En Albanie, le tallava est surtout le fait des Roms et Égyptiens  Le club de tallava le plus connu  de Tirana se trouve en face d’une discothèque. Il se remplit vers les petites heures du matin quand les clubs se vident. Il se dit qu’on n’apprécie jamais autant le tallava qu’après plusieurs verres…

A bientôt pour une nouvelle programmation pleine de surprises !

Hélène Legay

DJ Albanie : une scène musicale transfrontière

Pour égayer l’hiver pluvieux de Tirana, les Albanais friands de musique affluent dans les discothèques la nuit tombée ou profitent des rythmes traditionnels sur leurs téléviseurs. La sélection d’aujourd’hui se veut à l’image de la scène musicale albanaise, qui traverse les frontières avec des artistes tant du Kosovo que d’Albanie. Voici des rythmes venus tout droit de la région pour le bonheur des yeux et des oreilles !

Le hit du moment

« Ngjyra e kuqe » (la couleur rouge). La couleur rouge, c’est celle du drapeau national, celle de la passion et des lèvres des femmes dans les rues de Tirana… On n’est donc pas surpris de voir l’effet qu’elle provoque sur les hommes dans le clip, où le petit chanteur aide, avec l’espièglerie si caractéristique des petits Albanais, le chanteur plus âgé à séduire la mystérieuse détentrice d’un foulard rouge. Loin du kitsch que partagent bon nombre de clips albanais, « Ngjyra e kuqe » allie tradition, modernité et humour, représentatifs du nouveau « bon goût ».

Le classique

« Amanet », (testament) de Vesa Luma. La chanson rythme les rues albanaises et kosovares depuis 2010. Pas une personne là-bas qui ne connaisse les paroles par cœur ! L’auditeur averti maîtrisant le dialecte albanais guègue prêtera une oreille attentive aux paroles. Dans ce clip coloré, la chanteuse kosovare raconte la quête d’un jeune homme pour une fille « bien » qui plaise à sa mère. Evidemment, la belle-mère a couché, perfidement, ses recommandations et exigences dans son testament et le fils, jeune imbécile, s’est engagé bien sûr à les suivre. Une parole sacrée dont le respect importe tant aux Albanais… Un cas de figure qu’on peut retrouver dans certaines familles traditionnelles en Albanie et au Kosovo.

A hurler en boucle tous les 28 novembre et plus si affinités


Même après l’avoir beuglé à gorge déployée des centaines de fois le dernier 28 novembre, jour anniversaire de l’indépendance de l’Albanie, il est très probable que n’importe quel Albanais l’entonnera volontiers sur demande.

Pour les paroles, un rébus vaut mieux qu'une traduction impossible

Pour les paroles, un rébus vaut mieux qu’une traduction impossible

Nota Bene :
Souvent, dans les chansons populaires, évoquer le Kosovo, c’est évoquer les frères, pas faire une revendication territoriale. La carte de l’Albanie « ethnique » à la fin correspond pour la majorité des Albanais au rêve  d’une réunion pacifique et à la cohésion d’une communauté. Le   message véhiculé est néanmoins fort critiqué par de nombreux observateurs internationaux.

Pour danser sur les rythmes locaux

« Çiki dam ». Passe en boucle sur la chaîne « Real Music ». Avec une gestuelle maniérée, des paroles a l’eau de rose et des lunettes de soleil, le lover albanais, un brin démodé mais si typique, chante le « Çiki dam » un samedi soir en discothèque, à une jolie plante qui n’en croira pas un mot mais appréciera certainement.

Au mois prochain pour une nouvelle programmation albanaise !

Hélène Legay