EFIL Volunteer Summer Summit (VSS) le tournesol rayonne en Bosnie-Herzégovine cet été

250 bénévoles de tous les pays d’Europe sont attendus en Bosnie-Herzégovine cet été à l’occasion des Rencontres interculturelles annuelles de la Fédération européenne d’apprentissage interculturel (EFIL). Les équipes d’organisation travaillent beaucoup afin de réaliser cet événement dont le sujet est « Le dialogue interreligieux et l’apprentissage de la diversité ».

L’équipe de préparation du VSS 2014 dans le Parc national  « Sutjeska »en Bosnie-Herzégovine

L’équipe de préparation du VSS 2014 dans le Parc national « Sutjeska »en Bosnie-Herzégovine Photo : D.R.

Les premières réunions de l’équipe de préparation ont débuté en janvier en Bosnie-Herzégovine. Le froid bosniaque, la période des vacances et les problèmes de liaison aérienne avec l’aéroport de Sarajevo n’ont eu aucune influence sur leur motivation. L’équipe de préparation de huit personnes, dont deux bosniennes, a travaillé pendant trois jours sur l’organisation. Leur séjour dans la nature pure de Bosnie-Herzégovine du parc national « Sutjeska » où se tiendront les Rencontres 2014 a passionné les membres de l’équipe qui viennent de Belgique, d’Islande, du Danemark et d’Allemagne. Ils ont visité l’endroit et l’environnement afin de vérifier les conditions pour la réalisation de VSS 2014. L’équipe de préparation qui travaille sur l’organisation est épaulée par l’équipe de soutien, regroupant quinze membres de six pays : Bosnie-Herzégovine, Croatie, Serbie, Slovénie, Portugal et Danemark. Leur entraînement est prévu à la fin de mois d’avril toujours dans le parc national « Sutjeska».

le Parc national « Sutjeska »

le Parc national « Sutjeska » Photo : D.R.

Après le Danemark, l’histoire de VSS continue en Bosnie-Herzégovine

Le projet d’EFIL a débuté en France en 2008 et a pour ensuite se poursuivre en Turquie, au Portugal, en Lettonie et au Danemark. L’année dernière, le sommet de bénévoles s’est déroulé à Ranum, au Danemark. Les six jeunes bénévoles, représentant la Bosnie-Herzégovine, ont reçu le tournesol, le symbole international de VSS. L’échange de tournesols est tradition de VSS. Après la Bosnie, il sera aussi remis à un autre pays organisateur du VSS 2015. Le nom de celui-ci est un secret qui sera révélé le dernier jour du VSS 2014.

Les bénévoles de Bosnie-Herzégovine à Ranum, Danemark, VSS 2013

Les bénévoles de Bosnie-Herzégovine à Ranum, Danemark, VSS 2013 Photo : D.R.

Le dialogue interreligieux et l’apprentissage de la diversité

Cette année, le séminaire sera concentré sur le dialogue interreligieux et l’apprentissage de la diversité. Les meilleurs entraîneurs d’apprentissage interculturel du monde AFS vont y participer. Les jours de VSS sont animés par de nombreuses activités sportives ainsi que d’autres programmes interculturels. Les dernières journées sont consacrées au projet communautaire avec un objectif qui contribue à la société dans laquelle le VSS a lieu.

L’amour AFS et VSS regroupe les jeunes chaque année dans les pays différents

La fédération d’apprentissage interculturel (EFIL) collabore avec l’AFS (American Field Service) pour offrir aux jeunes entre 15 et 18 ans de partir à l’étranger et de vivre une expérience interculturelle dans environ 110 pays du monde. Ces associations reposent sur le volontariat et regroupent plus de 42.000 bénévoles dans le monde. Généralement, les étudiants après l’échange continuent de contribuer au développement d’AFS « par plaisir» en tant que bénévoles et déclarent que : « (l’engagement) AFS est pour toute la vie ». Sans passer par l’échange, on peut bien sûr rejoindre le réseau de bénévoles. Le VSS est forcément une opportunité de se rencontrer à nouveau après l’échange, de faire des nouvelles connaissances avec des gens qui ont vécu l’expérience similaire dans un autre pays et d’échanger les idées. Une richesse qui continuera à s’accumuler en Bosnie-Herzégovine cet été.

Nataša Filipović

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Manifestations en Bosnie-Herzégovine : le mouvement se radicalise

Malgré des revendications mettant en lumière des problèmes cruciaux pour le pays, le mouvement risque d’être dépassé par sa frange violente.

Affrontements entre les manifestants et la police à Sarajevo le 7 février 2014 Crédit photo : courtoisie de Sophie Guesné

Affrontements entre les manifestants et la police à Sarajevo le 7 février 2014
Crédit photo : courtoisie de Sophie Guesné

Depuis plusieurs semaines, la Bosnie est touchée par l’agitation sociale. Débutées dans la ville de Tuzla, les protestations faisaient principalement référence aux difficultés économiques des ouvriers et des chômeurs. Mais la colère et le désarroi face au marasme économique se sont étendus au sentiment généralisé de l’incompétence et de la corruption des dirigeants.

Une expansion synonyme de radicalisation

Les façades des bâtiments fédéraux ou cantonaux qui recevaient œufs et pierres jeudi ont été la proie des flammes. Une partie des archives de Sarajevo est partie en fumée.  Au fil des jours et à mesure que la violence s’accroît, la situation devient de plus en plus confuse. On dénombre plus d’une centaine de blessés. Certains manifestants redoutent de se voir dépossédés de leur mouvement par des groupes violents.

Un printemps bosnien ?

La mobilisation via les réseaux sociaux, caractéristique des révolutions arabes est de nouveau dans le cas bosnien un des principaux vecteurs de la mobilisation. L’actif groupe Facebook UDAR-50 000 personnes dans la rue pour un avenir meilleur compte plus de 33 000 membres. Cependant les scènes de saccage et de guérilla urbaine risquent d’éclipser les revendications les plus sérieuses telles que la garantie de sécurité sociale pour les travailleurs d’entreprises privatisées et aujourd’hui en difficultés (lien en anglais). L’extrême faiblesse de la société civile en Bosnie est aussi un obstacle à la poursuite d’un mouvement plus structuré.

L’ombre de la « Baby révolution »

L’unique précédent d’action commune  sans distinction d’appartenance communautaire remonte au mois de juin 2013. Les citoyens étaient  descendus dans la rue et avaient mené des actions fortes pour dénoncer la sclérose des instances dirigeantes, une crise cristallisée par la situation d’une fillette sans passeport. Contrairement à ces derniers jours, les manifestations furent pacifiques et familiales. Et la mobilisation était très vite retombée.

Amélie Brossard-Ruffey

à lire sur Café Balkans : A Sarajevo, un été chaud de manifestations (25/06/2013) et La « Révolution des bébés », le réveil bosnien (28/06/2013)

Chômage et incurie politique enflamment la Bosnie-Herzégovine

Après de nombreuses manifestations des ouvriers des anciennes grandes usines de la région de Tuzla, des citoyens, tout aussi désespérés, incluant des retraités et des étudiants, ont rejoint la contestation qui a dégénéré en affrontement faisant plus de 130 blessés dont 104 policiers.

Les premiers rassemblements ont commencé devant la Cour Cantonale à Tuzla. Des ouvriers, licenciés pour cause de privatisation de leurs entreprises, ont d’abord réclamé un meilleur traitement. Rapidement, ils ont été rejoints dans les rues par des chômeurs, retraités ou encore étudiants, tous mobilisés afin de lutter contre l’injustice, la corruption, l’inefficacité gouvernementale et les promesses politiques non tenues.

Affrontements

Plus de mille manifestants ont proclamé devant le Gouvernement: « Nous voulons une aide financière pour les ouvriers ! ». Les manifestants ont violemment forcés le passage malgré le dispositif de sécurité mis en place par la police, dans le but expresse d’obtenir une réunion avec le premier ministre Čaušević. Des pneus ont été incendiés au carrefour en face du bâtiment du gouvernement que les protestataires ont tenté d’endommager. Les affrontements avec la police ont été particulièrement violents et soudains. Les heurts se sont poursuivis jusque dans le bâtiment où 27 personnes ont été arrêtées puis relâchées.

La colère s’étend

La ville de Tuzla est historiquement connue comme « une ville de rébellion » et « une ville ouvrière », frappée ces dernières années par la fermeture de plusieurs usines. La contestation s’étend désormais à Sarajevo, Mostar et Bihać. Tous s’insurgent contre l’inertie politique et le chômage dont le taux de 27,5% est le plus élevé des Balkans.

Nataša Filipović