Exit Festival « adventure » : La cuvée 2014 s’exporte au Monténégro

Rock, electro, dance , heavy metal, hip-hop, punk rock … L’EXIT Festival en aura encore pour tous les goûts cet été ! Et cette année, le festival innove en se déplaçant dans les pays voisins.

L’EXIT Festival célèbre  cette année sa 15e édition avec l’ambition d’être encore plus impressionnant que les années précédentes. Cette année le festival ne se cantonnera pas à sa forteresse de Serbie mais s’installera également sur les plages du Monténégro. Place à « EXIT Adventure – seven days of endless EXIT fun » (Exit Aventure, sept jours d’amusement sans fin), qui se tiendra du 10 au 13 juillet à Novi Sad, en Serbie puis se poursuivra en mode Sea Dance Festival au Monténegro du 13 au 17 juillet.

 « Le meilleur festival »  selon le European Festival Awards

Le festival EXIT de Novi Sad est le plus grand festival de musique en Europe du Sud-Est. Il est aussi considéré comme l´un des meilleurs festivals européens et a remporté une avalanche de prix : le prix du meilleur festival européen en 2007, celui du Meilleur Festival International en 2009. Actuellement, le Festival EXIT fait partie de la liste des European Festival Awards  depuis 2001 et a été élu « Best Major Festival » parmi  350 autres festivals européens. Pour les organisateurs d’EXIT, la musique est considérée comme un facteur universel qui invite à se connecter et rassembler les gens dans un monde commun pour le rendre meilleur. EXIT continue de rapprocher les gens des pays différents et, années après année, l’adhésion, l’enthousiasme et l’ambiance des participants restent inchangés. Cet été ne fait pas exception car les visiteurs attendent avec impatience cette édition spéciale plus longue et aux activités plus variées.

Quitter « dix ans de folie », aller à la plage

Depuis son lancement en 2000, le festival ne s’est tenu que dans la forteresse de Petrovaradin à Novi Sad, en Serbie. A l’origine, il a été créé par trois étudiants de l’Université de Novi Sad avec 200 premiers participants, en réaction au régime de Slobodan Milošević (Président de la Serbie de 1989 à 2000).  Le slogan de cette manifestion était « EXIT (sortir) après dix ans de folie ». Les organisateurs y appelaient de leurs vœux la sortie et la chute du régime de Milošević.

Cette manifestation contre le régime politique est devenu aujourd’hui l’un des événements musicaux les plus populaires du monde. Lors des dernières éditions plus de 200 000 visiteurs venus de 60 pays différents ont fait le déplacement. Musicalement, il est multi-genre : Rok , punk , reggae, musique électronique et, ne l’oublions pas,  musique régionale balkanique. Cette année, le festival prend ses quartiers d’été sur l’une des trois plus grandes plages du Monténegro et compte attirer encore plus de nouveaux fanatiques de musique.

Une bien belle affiche

Cette année, la programmation est particulièrement alléchante avec la présence de  célébrités comme David Morales, Iggy Pop, Massive Attack, Garbage, Fatboy Slim, The Cardigans, Pet Shop Boys, Billy Idol, HIM, Beastie Boys, Robert Plant, Snoop Dog, Kraftwerk, Madness, Korn, Moby, Manic Street Preachers, Patti Smith, Chemical Brothers, Faith No More, Placebo, David Guetta, Pulp, Jamiroquai, Portishead, Bad Religion a Underworld… Et cette année, les festivaliers auront la possibilité de combiner leur amour de la musique avec la douceur des vagues.

Huyen Lethi

D’une immigration à l’autre : destination France

Emigré de Yougoslavie dans les années 60, le père de Teuta* était ouvrier de l’usine Peugeot à Sochaux, aujourd’hui, la jeune femme d’une trentaine d’années vit et travaille en région parisienne. Comme eux, 10 millions de balkaniques sont dispersés à travers le monde.

M. Preskovitch offrant des spotsi dans Le Père Noël est une ordure

M. Preskovitch offrant des spotsi dans Le Père Noël est une ordure

L’immigration économique

Le père de Teuta contrôlait la production des 404 dans l’Est de la France. Il a répondu à l’appel lancé par une France en manque de main d’œuvre pour faire face aux défis économiques des années 1950 et 1960. A l’autre bout du continent, la Yougoslavie entend cette demande. Le pays a des difficultés économiques et décide d’ouvrir ses frontières et d’organiser le départ d’ouvriers au chômage. La source de devises étrangères issue des transferts d’argents des travailleurs émigrés à leurs familles, restées au pays, sera une aubaine économique pour le régime de Tito.

Parler français à la maison

L’utilisation et la transmission d’une langue dans la sphère privée est un choix que doivent faire tous les migrants dans n’importe quel pays et qui relève de la complexité identitaire, de la gestion de ses origines et de sa culture. Teuta parlera probablement français à ses enfants comme l’avait fait son père avec elle.  Pourtant migrant économique ayant en tête la perspective d’un retour au pays à long terme, il est devenu l’un de ces « migrants peu visibles », les migrants économiques des années 1960 qui se sont fondus dans la population via l’intégration. La stratégie fut tellement efficace que Teuta et sa fratrie durent apprendre le serbo-croate sur le tas lors du retour définitif de la famille en Yougoslavie.

Trouver sa place dans la diaspora : «  française d’origine yougoslave, pays qui n’existe plus ».

On estime que 10 millions de personnes des Balkans occidentaux vivent aujourd’hui à travers le monde. Les Balkans sont une terre d’émigration historique. Teuta incarne la vague de départ la plus récente, celle qui a cherché à  échapper au climat d’une région meurtrie par le conflit des années 1990. Quand elle décroche son diplôme d’études secondaires un peu avant les accords de Dayton, elle regarde naturellement vers l’étranger pour poursuivre ses études … «et 18 ans plus tard, on entreprend de déposer son dossier de naturalisation ! » constate Teuta.  Car son éventuel retour fut toujours découragé par la situation de corruption et la charge d’une famille.

Issue d’un mariage mixte, elle entretient des rapports très lointains avec la diaspora. Certes, elle fréquente Globus, une épicerie serbe qui approvisionne la région parisienne (où vit 60% des immigrés balkaniques) en spécialités d’Europe du Sud-est. Mais loin de leurs frontières, les communautés s’arc-boutent encore davantage sur leur identité et le nationalisme. Les Croates se rencontrent à l’église Saints Cyrille et Méthode rue de Bagnolet, les Serbes au centre orthodoxe Saint-Sava dans le 18ème, etc. Il est donc difficile de s’intégrer à une diaspora lorsque l’on a un père albanais et une mère croate et que l’on est sommé de choisir son camp.

Osijek en Croatie Crédits photo : Flickr/CC/Jason Scott

Osijek en Croatie
Crédits photo : Flickr/CC/Jason Scott

Une image plutôt négative.

Certes un citoyen ou une citoyenne d’origine balkanique n’a pas encore été nommée premier ministre de la France mais la présence de cette immigration n’en est pas moins perceptible. Dans le domaine de la politique ont peut citer Christophe Najdovski adjoint au maire de Paris, du parti écologiste EELV, né en France dans les années 1960 de parents macédoniens. Pour le cinéma, Josiane Balasko , née Balasković , met ses racines culturelles au service de son art et des créations de la troupe du Splendid. C’est elle qui a aidé à la création du personnage de Monsieur Preskovitch dans la pièce Le père Noël est une ordure. Le cheichar, la schlovetnie et les spotsi d’Ossieck sont pures inventions de la comédienne (Osijek est une ville croate) mais ils véhiculent très bien l’idée d’une région étrange, lointaine, aux spécialités et à la langue absconses. En France,  l’image des populations balkaniques est en effet marquée par l’ignorance voire une image négative.

Amélie Brossard-Ruffey

*le nom a été modifié

Solidarité face aux inondations meurtrières

Des inondations sans précédent ont frappé ces jours derniers la Serbie, la Bosnie-Herzégovine et la Croatie. A ce jour, plus d’un million de personnes sont sinistrées. Plus de quarante personnes sont mortes. Les autres ont perdu tout ce qui constituaient leur vie : leurs villes et villages, leurs foyers, leurs animaux et jusqu’aux paysages qui étaient les leurs. Aujourd’hui, l’eau menace notamment les centrales électriques. La région risque d’être privée massivement d’ électricité comme certaines zones le sont déjà d’eau potable.

Si les médias internationaux ont tardé à s’intéresser à l’événement, l’aide internationale est intervenue plutôt rapidement, moins vite cependant que la solidarité immédiate, totale et sans conditions des autres pays de la région.

Parmi les rédacteurs de CaféBalkans de ces trois dernières années, certains viennent des pays touchés par les inondations. Nos pensées vont vers eux et leurs proches, mais aussi vers leurs peuples, tous bouleversés et désemparés face à l’ampleur de la catastrophe. Malgré le chaos et la frayeur, nombreux sont les héros anonymes qui se sont révélés ces derniers jours, n’économisant ni leurs forces, ni leur courage.

Ces pays qui nous sont chers ont besoin d’aide. Ils ont besoin d’aide maintenant, bien sûr, mais plus encore ils auront besoin d’aide dans quelques mois, dans un an, quand les objectifs des caméras ne seront plus braqués sur eux, mais qu’il faudra encore reconstruire et réparer.

Aidons-les à sortir la tête de l’eau.

Gaëlle Pério Valero, rédactrice en chef