La Bulgarie : point de vente légal de la citoyenneté européenne ?

La possibilité de posséder la citoyenneté européenne via l’acquisition d’un passeport bulgare contre la somme de 180 000 euros serait aujourd’hui possible.

Couverture d'un passeport bulgare biométriques, après l'adhésion à l'Union européenne

Couverture d’un passeport bulgare biométriques, après l’adhésion à l’Union européenne

Une procédure légale douteuse

La levée des restrictions pour les Roumains et les Bulgares sur l’ensemble du marché du travail de l’Union Européenne avait suscité de vives réactions souvent teintées d’appréhension. Quelques semaines plus tard, le gouvernement de Sofia aurait discrètement mis en place une « procédure accélérée » permettant d’obtenir la citoyenneté bulgare. Des journalistes du Daily Telegraph ont révélé en caméra cachée qu’il était possible d’ «acheter un passeport bulgare » en effectuant un emprunt de 508 000 euros et en domiciliant immédiatement la somme de 180 000 euros dans le pays.  Une fois le payement exécuté, les extra-européens devront attendre de deux à cinq ans pour recevoir leurs nouveaux documents, qui leur permettront de travailler, de s’installer et d’étudier librement dans l’ensemble des pays de l’UE. Des agences de conseil ont très vite surfé sur la vague, comme l’indique The telegraph, en aidant les personnes intéressées  à entreprendre cette démarche pour la somme de 50 000 livres. Ils offrent des services personnalisés et pour le moins, douteux, en proposant notamment à leurs clients de créer des adresses de résidence virtuelles en Bulgarie.


La vidéo des journalistes du Daily Telegraph (en anglais)

Une citoyenneté européenne instrumentalisée

Si ces pratiques sont indéniablement un moyen pour les autorités et les institutions de s’enrichir, elles représentent également une manière de renflouer l’économie du pays en attirant de potentiels investisseurs extra-européens au porte-monnaie bien garni. Elles montrent également que la Bulgarie a encore beaucoup de travail à faire quant à l’état de droit et à sa gestion de l’immigration, malgré les nombreux rappels à l’ordre de Bruxelles qui ne s’est pas encore prononcée spécifiquement sur cette affaire. Elle représente, de plus, un danger pour la sécurité nationale et européenne car un individu se voyant refuser sa citoyenneté en Grande-Bretagne du fait de son casier judicaire, pourrait potentiellement l’obtenir en Bulgarie. Cette procédure n’aurait été utilisée aujourd’hui que par une centaine de personnes, mais plusieurs pays membres comme Malte ou bien encore les Pays-Bas et l’Espagne mettraient à disposition des démarches semblables.

Persa-Anna Nakova

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