Milos Karadaglic, pour l’amour du Monténégro

A 30 ans, le guitariste monténégrin, Milos Karadaglic, a su s’imposer sur les scènes du monde entier. Son nouvel album « Aranjuez » connait déjà un succès fulgurant.

Milos Karadaglic en concert à Hambourg en 2013 Crédit photo : Wikipedia/CC/Dirkjot

Milos Karadaglic en concert à Hambourg en 2013
Crédit photo : Wikipedia/CC/Dirkjot

Karagadlic signifie « la montagne noire », ou Monténégro en turc (Kara, noir et dağ, mountain). Milos est né au Monténégro en 1983. Ses années de jeunesse se déroulent alors que la guerre fait rage en ex-Yougoslavie. C’est dans ce contexte difficile, bien que le Monténégro ait été relativement épargné par le conflit, qu’il se découvre une passion pour la guitare, lorsqu’il entend, à l’âge de 8 ans, un morceau du compositeur espagnol Albeniz. Son talent et sa rigueur lui donnent rapidement l’occasion de se produire sur la scène nationale qu’il conquiert à 14 ans. Dès lors, les succès se multiplient : trois ans plus tard, il part étudier à la Royal Academy of Music de Londres, puis est programmé au festival de musique de Lucerne avant d’être primé jeune artiste de l’année 2011 pour son premier album « Mediterraneo. »

Tiercé gagnant

Après ses albums « Mediterraneo » et « Latino », Milos a continué à explorer le répertoire hispanique avec son album « Aranjuez », sorti en février dernier. Cet album se veut plus complet et plus varié, comme le démontre le remarquable grand écart des genres que Milos parvient à faire, en combinant dans un même disque concertos (concerto d’Aranjuez de Joaquin Rodrigo, ici accompagné du London Philarmonic Orchestra), divers œuvres de maestros de la guitare sèche et une reprise de « Michelle » des Beatles.

«Aranjuez », peut être plus encore que les deux autres albums, parle d’amour et de mélancolie, de douceur et de chaleur. En témoigne le concerto éponyme emprunté à Joaquim Rodrigo, le compositeur prodigue qui aurait écrit cette célèbre œuvre durant son voyage de noces, alors qu’il était déjà aveugle. Rodrigo souhaitait que son concerto puisse laisser deviner « les magnolias, le chant des oiseaux et le ruissellement des fontaines». Milos semble être un digne héritier : sous ses doigts, la guitare parvient à peindre ce paysage et laisse chacun rempli de belles images. « Quand vous jouez un son, la résonnance qui se produit dans la guitare résonne directement dans votre ventre. Quand vous jouez, c’est comme si vous jouiez avec les cordes de votre propre cœur», confie-t-il.

Adagio, allegretto, largando

Le succès du jeune homme ne fait aujourd’hui plus de doute : de Tokyo à New York en passant par Paris en mars, la plupart des spectacles de sa tournée affichent complet. L’album Aranjuez, sorti courant février, a été classé numéro un des charts classiques en France et en Angleterre dès la deuxième semaine après sa sortie. Pourtant l’artiste ne souhaite pas s’arrêter là : son rêve ? « Apporter à la guitare une nouvelle génération d’auditeurs ». Milos possède déjà le talent et le charisme d’une future étoile. Une carrière qui promet d’aller crescendo.

Clara Moreau

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