Elections anticipées en Serbie : un pas vers l’UE

Le dimanche 16 mars, les Serbes ont voté pour leurs représentants parlementaires à mi-mandat du Parlement. Les résultats ont marqué une réaffirmation du pouvoir conservateur et pro-européen d’Aleksandar Vučić qui réanime l’espoir d’entrée dans l’Union européenne en Serbie.  

Ce scrutin législatif a été convoqué à moitié du mandat de quatre ans du Parlement, à la demande de SNS (Parti progressiste serbe) qui a voulu légitimer une série de réformes économiques lourdes dans un pays lourdement en proie à la crise.

Depuis la victoire de Milošević en 1990 qui avait emporté 194 sièges au Parlement, le résultat des urnes n’a jamais été autant significatif. LeParti progressiste serbe de l’actuel premier ministre Aleksandar Vučić (SNS) a remporté les élections avec 48.44% des voix. Le parti socialiste de Serbie du premier ministre sortant, Ivica Dacic, arrive en deuxième position avec 14% des voix. Le Nouveau Parti démocratique (NDS) dirigé par l’ancien président Boris Tadic a reçu 5,86% des voix, suivi par l’ancien parti de Tadic, le Parti démocratique (DS) avec seulement 5,46% des voix. Ces résultats signifient que SNS, ayant la moitié des sièges n’a plus besoin d’une coalition pour gouverner. L’équipe gouvernementale n’est toujours pas déterminée mais devrait se préciser dans les prochaines semaines.

infographie : Marion Dautry

infographie : Marion Dautry

Un moment important pour les minorités en Serbie

D’après la loi électorale de Serbie, il existe un seuil de 5% pour qu’un parti fasse son entrée à l’Assemblée nationale, mais cette loi ne s’applique toutefois pas aux partis minoritaires.

La région du Sandjak, au Sud de la Serbie, a fêté des résultats qui marquaient une grande victoire pour la population à majorité musulmane de la région. Novi Pazar, Tutin et Sjenica ont élus quatre représentants du Parti de l’action démocratique (SDA) de Sulejman Ugljanin. Un progrès petit mais considérable pour les Bosniaques de la région qui depuis 1990, n’avaient pas pu avoir autant de sièges au Parlement.  Autre minorité exemptée du barrage des 5%, les Hongrois qui siégeront également au sein du futur Parlement avec neuf sièges pour l’Union des Hongrois de Voïvodine. Quant aux Albanais,  ils retrouvent des places avec le Parti de l’action démocratique de Riza Halimi.

Un autre pas vers l’Europe

Vučić, ancien ultranationaliste, a affiché lors de son discours de victoire sa détermination à lutter contre la corruption, rétablir le progrès économique du pays sans oublier l’ultime objectif de l’adhésion à l’Union européenne.

L’Union européenne reste le chemin principal à poursuivre pour la Serbie qui envisage d’y adhérer d’ici 2018. Les négociations d’adhésion à l’Union européenne ont été ouvertes en janvier dernier déjà sous le gouvernement de Vučić. Les accords historiques passées avec le Kosovo ont été un des premiers pas importants posés par le gouvernement en matière d’une amélioration et normalisation des relations avec Pristina qui avait proclamé unilatéralement son indépendance en 2008, restant tout de même non reconnu par la Serbie et par une grande partie des pays au monde, y compris par 5 états membres de l’UE.

Des réformes portant sur les lois de travail, de privatisations et de la faillite devraient marquer l’agenda du nouveau gouvernement de Vučić afin d’attirer des investissements étrangers, de réduire le déficit budgétaire et la dette publique. Ces élections illustrent bien que l’espoir reste fort dans ce pays où le taux de chômage atteint toujours un niveau élevé autour des 20%.

Ece Yalavaç

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