Législatives en Serbie : un espoir de redressement économique ?

Les élections législatives anticipées en Serbie du 16 mars ont renforcé la position des Conservateurs (SNS), déjà au pouvoir depuis 2012.  Le campagne était fondée surtout sur les promesses d’amélioration de la situation du pays, en graves difficultés économiques.

Les élections anticipées ont été provoquées par le SNS qui affirmait la nécessité d’obtenir un mandat plus fort pour engager des réformes profondes et pour lutter contre la corruption très présente dans le pays. La campagne a porté ses fruits : avec 48 % des voix, le SNS a doublé son résultat des précédentes élections législatives de 2012, ce qui lui a permis d’obtenir 156 sièges dans un Parlement de 250 députés. En dehors de la thématique économique, le SNS insiste également sur l’intégration à l’Union européenne. Le Parti socialiste (SPS), ancien allié de SNS, est arrivé deuxième avec 13,9% des voix. La chute du Parti démocratique (DS), principal parti d’opposition est spectaculaire : le DS a obtenu 6,03% des suffrages, moins que la moitié de son résultat lors du scrutin de 2012.

infographie : Marion Dautry

infographie : Marion Dautry

Situation économique difficile et la nécessité des réformes

Malgré sa majorité parlementaire, la tâche du SNS ne sera pas facile. Les défis économiques à affronter sont considérables. Le pays se trouve dans une situation économique peu favorable : sur 7,1 millions d’habitants,  20% sont au chômage. Les salaires sont faibles : le salaire moyen mensuel ne s’élève qu’à 350 euros. La Serbie souffre d’un lourd déficit budgétaire, supérieur à 7% du PIB. Au total, la dette publique dépasse 60% du PIB du pays. La structure du marché du travail pose d’autres graves difficultés : le secteur public en Serbie compte plus de 700 000 fonctionnaires d’État, ce qui consomme chaque année environ huit milliards d’euros de budget. En tenant compte à la fois des difficultés économiques du pays et des hésitations gouvernementales d’engager les réformes impopulaires avant les élections, la Serbie a vu sa note abaisser de BB- à B+ par l’agence de notation Fitch en janvier 2014. Ainsi, le service de la dette serbe est devenue plus chère et le gouvernement est forcé de lancer des réformes profondes afin de prévenir un futur abaissement de la note.

Promesses du renouveau économique et des réformes structurelles

Le SNS dispose d’un mandat solide pour engager les réformes révendiquées dans sa campagne électorale. Mais l’économie serbe reste encore touchée par les dépenses de la guerre et les sanctions internationales qui l’ont suivie. En plus, la performance économique du pays souffre des effets de la corruption. Pour tenir ses promesses,  le SNS doit lancer les réformes structurelles profondes et faire passer la législation contre la corruption. Vucic, le chef du SNS, a fait la promesse de réformer des lois concernant le marché de travail pour le rendre plus flexible. Les lois sur la faillite sont également à l’ordre du jour. Compte tenu du haut nombre des fonctionnaires, les réformes vont passer aussi par la réduction d’emploi dans le domaine public. Les spécialistes soulignent la nécessité de la privatisation des entreprises étatiques qui ne font pas de profit afin de réduire les dépenses gouvernementales.

Les analystes affirment que le SNS va essayer d’obtenir un nouvel emprunt auprès du FMI, mais il lui faut avant réduire le déficit budgétaire et la dette publique afin d’accéder aux meilleures conditions du financement d’emprunt.

Radek JÁN