Chômage et incurie politique enflamment la Bosnie-Herzégovine

Après de nombreuses manifestations des ouvriers des anciennes grandes usines de la région de Tuzla, des citoyens, tout aussi désespérés, incluant des retraités et des étudiants, ont rejoint la contestation qui a dégénéré en affrontement faisant plus de 130 blessés dont 104 policiers.

Les premiers rassemblements ont commencé devant la Cour Cantonale à Tuzla. Des ouvriers, licenciés pour cause de privatisation de leurs entreprises, ont d’abord réclamé un meilleur traitement. Rapidement, ils ont été rejoints dans les rues par des chômeurs, retraités ou encore étudiants, tous mobilisés afin de lutter contre l’injustice, la corruption, l’inefficacité gouvernementale et les promesses politiques non tenues.

Affrontements

Plus de mille manifestants ont proclamé devant le Gouvernement: « Nous voulons une aide financière pour les ouvriers ! ». Les manifestants ont violemment forcés le passage malgré le dispositif de sécurité mis en place par la police, dans le but expresse d’obtenir une réunion avec le premier ministre Čaušević. Des pneus ont été incendiés au carrefour en face du bâtiment du gouvernement que les protestataires ont tenté d’endommager. Les affrontements avec la police ont été particulièrement violents et soudains. Les heurts se sont poursuivis jusque dans le bâtiment où 27 personnes ont été arrêtées puis relâchées.

La colère s’étend

La ville de Tuzla est historiquement connue comme « une ville de rébellion » et « une ville ouvrière », frappée ces dernières années par la fermeture de plusieurs usines. La contestation s’étend désormais à Sarajevo, Mostar et Bihać. Tous s’insurgent contre l’inertie politique et le chômage dont le taux de 27,5% est le plus élevé des Balkans.

Nataša Filipović

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