Génération Djokovic

Ivanovic, Djokovic, Jankovic, Troicki… La guerre des années 90 dans les Balkans a engendré une génération de héros du tennis que la nouvelle génération peine à égaler.

Ivanovic – Djokovic – Jankovic – Troicki Crédits photo : Henry Weidemann-Pfctdayelise-Sirobi-Picasa

Ivanovic – Djokovic – Jankovic – Troicki
Crédits photo : Henry Weidemann-Pfctdayelise-Sirobi/CC/Picasa

Ce week-end, lors du premier tour de la Coupe Davis, la Serbie, privée de ses cadors et plus anciens tennismen, a perdu face à la Suisse de Roger Federer et Stanislas Wawrinka, récent vainqueur de l’Open d’Australie. Difficile d’égaler la génération des joueurs nés dans les années 1980 qui porte le tennis serbe à son meilleur niveau, comme lors de la victoire par équipe en 2010.

Novak Djokovic, Jelena Jankovic, Ana Ivanovic, Viktor Troicki, Janko Tipsarevic, Nenad Zimonjic. Tous sont nés dans les années 1980 et tous ont tous intégré le top 10 du tennis mondial. Ils représentent au mieux le succès sportif de ce pays d’ex-Yougoslavie aujourd’hui, quinze ans après les derniers conflits.

Le tennis comme échappatoire

Lors d’une enfance passée sous le gouvernement de Milosevic, sous embargo et marquée par les frappes aériennes de l’OTAN, le tennis a permis d’essayer d’avoir une « vie normale ». Inspirés par les victoires de Monica Seles, ces adolescents ayant connu trois guerres, ne se rendent pas compte des événements et s’enferment dans le sport pour grandir. Ces conditions d’entraînement particulières ont permis aux Serbes de développer leur sang-froid, essentiel sur le court.

Des gènes de battants

La réussite de ces tennismen (et women) ne tient certainement pas du miracle. Selon Janko Tipsarevic, huitième rang mondial en avril 2012, s’être « construit à partir de rien », sans infrastructure (mise à part une piscine olympique désaffectée de la banlieue de Belgrade) ni investissement de la part de la fédération, a appris aux joueurs à dépasser les difficultés et à cultiver une soif de victoire. Mais plus encore, ces joueurs se sont dépassés grâce au soutien de leurs familles – le père de Tipsarevic a dû exercer trois emplois en même temps pour financer la carrière de son fils – qui se sont substituées aux entraîneurs professionnels et aux sponsors absents en ex-Yougoslavie.

Ces héros nationaux, qui n’ont pu compter que sur leur soutien mutuel, apportent à la Serbie, un écho positif à travers le monde.

Barbara Charvot

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