Le Kosovo, 5 ans d’indépendance sur fond de crise

Le Kosovo a fêté le 17 février dernier ses cinq années d’indépendance de la Serbie. Un anniversaire en demi-teintes alors que le tout jeune Etat a de nombreux défis à relever.

Malgré le froid, la population s’est donné rendez-vous dans les rues de Pristina autour de plusieurs animations culturelles et défilés au son des trompettes. Pour autant, l’enthousiasme des premiers mois et des premières années est bel et bien passé.

Une reconnaissance incomplète

Une centaine de pays seulement reconnaissent actuellement le Kosovo et parmi eux des poids lourds certes, comme les Etats-Unis et la majorité des pays de l’Union Européenne. Cependant la déclaration d’indépendance de la République du Kosovo de 2008 n’a toujours pas été acceptée par l’ONU. Si le Kosovo s’est lancé dès son indépendance dans un projet d’intégration européenne, n’hésitant pas à adopter d’ailleurs les couleurs de l’UE sur son drapeau, ses progrès se heurtent à une difficulté de taille : cinq états-membres, tels que l’Espagne, la Slovaquie ou la Roumanie refusent de le reconnaître comme un état à part entière.

Une économie fragile

Le Kosovo était, fût et demeure la région la plus pauvre de l’ancienne Yougoslavie. La crise économique récente frappe de plein fouet le pays, au moment où la perfusion économique étrangère se retire peu à peu. Un tiers des habitants vit avec moins d’un dollar par jour et le chômage frappe près de 40% d’une population dont la moyenne d’âge ne dépasse pas les 25 ans. Les progrès sont lents. Après la guerre de 1999, tout est à reconstruire : un état de droit, une économie mais aussi une administration efficace et non corrompue.

La question serbe

Néanmoins, après des années de conflit et de tensions, le Kosovo et la Serbie, dont elle est une ancienne province, sont enfin parvenus à un accord sous l’égide de l’Union européenne à propos de l’épineuse question de la minorité serbe. Ce premier pas, difficile après 9 rounds de négociations, est crucial pour l’établissement de relations de bons voisinages, une des exigences de Bruxelles envers les pays candidats à l’UE. Cet accord devrait également aider à un climat plus serein. La population serbe, qui refusait jusqu’à présent l’autorité de Pristina, représente la minorité la plus importante dans ce pays grand comme la Gironde, peuplé de 90% d’albanophones.

Louis Roland

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