Élections législatives en Albanie : l’émergence de l’Alliance rouge et noire redessine-t-elle l’échiquier politique ?

Les Albanais éliront le 23 juin prochain leur Assemblée. Le bipartisme installé entre le Parti démocrate de Sali Berisha, au pouvoir, et le Parti socialiste d’Edi Rama pourrait être bousculé par de nouvelles formations politiques comme le mouvement nationaliste de l’Alliance rouge et noire.

Les élections législatives en Albanie sont marquées par l’opposition entre ces deux partis : le Parti démocrate qui tente un troisième mandat avec son candidat et actuel premier ministre, Sali Berisha, tandis que le chef de l’opposition tente d’imposer une alternance. Les sondages prévoient pour le moment une avance d’environ 10% pour le Parti socialiste. La question reste tout de même posée quant à la montée de l’Alliance rouge et noire. Cette Alliance, menée par Kreshnik Spahiu, a su se faire une place dans le paysage politique albanais en tant que troisième homme. Bien que sa victoire ne soit pas envisagée, une place importante pourrait lui être donnée dans la chambre qui fonctionne sur un scrutin proportionnel.

Affiche de campagne de l'Alliance Rouge et noir

Affiche de campagne de l’Alliance Rouge et noir

Une campagne fondée sur des symboles nationalistes

Depuis le début officiel de la campagne électorale, le 1er avril 2013, l’Alliance rouge et noire assoit sa communication autour de symboles nationalistes, sans proposer un programme politique tangible. L’Alliance reprend des idées nationalistes du XIXe siècle et prône la Grande Albanie, ce qui lui apporte du succès auprès de certains jeunes. Le dernier slogan de Kreshnik Spahiu est « Dieu d’abord, l’Albanie ensuite ». Ce discours flou, à la fois contre le premier ministre actuel qualifié d’« autoritaire » et reprenant un slogan rappelant largement l’inscription sur les ceintures des soldats nazis, « Dieu avec nous », remporte malgré tout un succès. L’Alliance rouge et noire arrive à cristalliser les Albanais mécontents des politiques de gauche et de droite et les jeunes nationalistes.

Si les références de l’Alliance ne semblent pas choquer les Albanais, leur adhésion reste à confirmer comme le prouve le relatif échec de la manifestation organisée le 7 avril 2013 autour du slogan « Un 7 avril sans Berisha », à mettre en relation avec ce même jour où, en 1939, l’occupation fasciste du pays commença. Si le l’Alliance rouge et noire ne sera sans doute pas à l’origine d’un bouleversement politique en Albanie en juin, les sièges qu’elle est à même de remporter pourront lui donner un rôle important dans la formation d’une majorité absolue par le biais d’une coalition, ainsi que pour faire pression sur le système bipartite.

Mathilde Adjutor

 

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