Politiques d’austérité dans les pays des Balkans

Les pays des Balkans ne sont pas épargnés par la crise mondiale, même s’ils résistent plutôt bien. Poussés par le FMI, une cure d’austérité est lancée dans toute la région, qui pénalisent cependant une population déjà fragilisée par la transition. Explications.

En avril 2013, le FMI (Fond monétaire international) a exprimé ses inquiétudes envers la situation économique de la Slovénie, membre de la zone euro et de l’UE. Tombé en récession en 2012, le pays devait faire appel au fonds de secours européen afin d’éviter un plan de sauvetage du FMI. L’origine de la crise du secteur  financier slovène réside dans la multiplication de mauvaises créances et le financement de  la recapitalisation des banques. Malgré les inquiétudes justifiées, la Banque centrale slovène a assuré que le pays serait prête à rééquilibrer son système bancaire sans faire appel à l’aide internationale.

Quoique non membres de l’UE, les autres pays, partenaires du FMI, sont aussi atteints par la crise.

La Croatie devrait également  mettre en place des réformes structurelles afin que le développement de l’économie prenne l’ampleur et pour qu’elle puisse bénéficier des avantages acquises par l’adhésion à l’UE à partir du 1er juillet 2013. Le FMI encourage la continuation de la consolidation financière, le redressement du fonctionnement du marché de travail et la diminuation de contraintes d’investissement en Croatie. En revanche, l’augmentation de l’âge de retraite à 67 ans et les récents plans d’austérité ont entrainé des manifestations dans le pays.

En Bosnie voisine, la crise est présente aussi car depuis 2006, la dette publique a été multipliée par six. Si les deux entités, serbe et croato-musulmane,  ne prennent pas de mesures pour lutter contre l’endettement, il est possible que le FMI bloque le versement des 405 millions d’euros d’aide promise fin septembre 2013. Pour contrer cette menace, il est évoqué, côté serbe, de baisser  les salaires de 10% pour tous les fonctionnaires de l’entité serbe. Mais ce n’est pas sans provoquer des débats sur le budget de 2013 de la République Serbe de la Bosnie. Les citoyens sont opposés aux coupes prévues. Le FMI, lui, recommande l’adoption de plans d’austérité dans les deux entités de Bosnie.

Le FMI impose également ses conditions au Kosovo. Le pays doit appliquer des politiques d’austérité afin de maintenir ses résultats obtenus depuis près de deux ans. Malgré le relatif développement économique du pays, le FMI s’inquiète de l’instabilité politique du Kosovo. Afin que le pays bénéficie de l’aide de FMI, il doit remplir certaines conditions, comme la privatisation de grandes usines et le respect des programmes d’austérité.

La Serbie, elle, fait bande à part. Candidate à l’Union Européenne depuis le 2 mars 2012, elle ne s’aligne pas encore avec le FMI alors que son économie est menacée par  un déficit fiscal et commerciale, une inflation élevée et une reprise économique considérablement lente.

FMI –  rélévateur de révoltes civiles

Dans certains pays de la zone la situation est déjà plus qu’inquiétante. En Bulgarie et en Grèce, il y a de plus en plus de manifestations contre le fonctionnement d’État et contre les restrictions nécessaires afin de rembourser les dettes financières des pays, remboursement demandé par le FMI.

En Bulgarie, face aux nombreuses manifestations contre la hausse de prix de l’électricité et contre le manque de la prospérité,  le gouvernement Borissov a échoué. « Nous avons de la dignité et de l’honneur, a déclaré Boïko Borissov, le premier ministre sortant. Le peuple nous a donné le pouvoir, aujourd’hui, nous le lui rendons. »

En Grèce, les citoyens se manifestent dans les rues et mènent une grève générale perturbant les transport, pour protester contre la poursuite de l’austérité exigée par les créanciers internationaux. Le peuple s’appauvrit et met en cause notamment le FMI.

Tous les pays, confrontés à la même récession, mettent en place des stratégies différentes qui ne font pas que des heureux parmi la population.

Johanna Keresztes

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