Le Fonds monétaire international fait les gros yeux à la Bosnie-Herzégovine

Extrêmement touchés par la crise économique, les pays des Balkans connaissent tous la récession et luttent pour parvenir à remplir les conditions de leur sauvetage économique, fixées par le FMI. Mais la Bosnie-Herzégovine, elle, pourrait se voir privée du prochain versement d’aide internationale.

Le Fonds Monétaire International a menacé mercredi 10 Avril la Bosnie-Herzégovine de lui retirer sa perfusion économique, vitale pour garantir la croissance économique (faible) du pays. Pourtant le FMI a validé en 2012 un prêt de 400 milliards d’euros sur deux ans en faveur de ce pays d’environ 4,5 millions habitants. Deux tiers de la somme devaient être attribués à la Fédération Croato-Musulmane et un tiers à la Republika Srpska, les deux entités qui composent la Bosnie-Herzégovine.  Mais l’Etat au bord de la faillite n’a pas réussi à satisfaire aux conditions nécessaires au versement de la tranche suivante de 150 millions d’euros d’aide internationale. La dette publique réprésentait en 2011 plus de 2,1 milliards d’euros, dont près de la moitié détenue par des investisseurs étrangers, l’opposition estimant même que celle-ci a été multipliée par six depuis 2006.

Le problème des pensions

Le FMI a déjà expressément demandé au gouvernement d’adopter une loi visant à modifier le système des retraites en Bosnie-Herzégovine, notamment au sujet de la pension des anciens combattants. Dans ce pays sorti de la guerre il y bientôt 18 ans, les pensions des anciens combattants représentent plus de 4 % du PIB national, ce qui est évidemment bien plus élevé que la moyenne européenne, d’autant plus que ce système s’avère en réalité être très inefficace puisqu’il ne permet pas d’améliorer la situation des individus les plus défavorisés. Un rapport de la Banque Mondiale affirme même que ce système est « fiscalement insoutenable, économiquement inefficace et socialement inéquitable ». La réforme structurelle réclamée par le FMI n’avait jusqu’alors jamais été mise en œuvre. Le gouvernement bosnien a cédé une nouvelle fois en mars devant la pression du lobby des anciens combattants, qui avaient notamment manifesté devant l’Assemblée nationale. Finalement, le parlement a fini par trouver un accord et a voté le 16 avril un projet de loi de réforme du système des pensions, laissant espérer un prochain versement de l’aide internationale.

Le spectre d’une faillite économique

La suspension de l’aide internationale octroyée par le FMI aurait des conséquences particulièrement désastreuses pour la situation économique du pays. Elle entraînerait une baisse importante du budget étatique, causant ainsi à sa suite la faillite de l’administration toute entière. Cette menace fait également apparaître au grand jour les tensions qui existent encore aujourd’hui entre les deux entités qui composent la Bosnie-Herzégovine. La Republika Srpska a ainsi commencé à tenter de se financer auprès des marchés financiers, sans attendre l’aide du FMI, ce qui a fortement déplu au gouvernement fédéral de Sarajevo. Cependant, certains économistes ont pris publiquement position en faveur de la cessation de cette aide internationale, prônant l’autosuffisance du pays, accusé de baser son économie sur les emprunts internationaux et l’endettement public.

Une problématique régionale

La Bosnie-Herzégovine n’est pas la seule touchée. Les finances des Etats des Balkans ont été durement frappées par la crise économique mondiale, au point que ceux-ci ont du se résoudre à adopter des mesures d’austérité et des coupes budgétaires parfois drastiques, qui freinent notamment la transition économique dans ces pays anciennement communistes. Baisse des salaires de 15 % au Monténégro, privatisations en chaîne au Kosovo, réduction des dépenses publiques de 114 Millions de marks convertibles (Km) en Bosnie-Herzégovine : partout le FMI impose ses conditions afin que les pays des Balkans puissent continuer à profiter de l’aide internationale, assertie au respect de ces objectifs. En provoquanr bien souvent le mécontentement des populations

Simon Bomeisl