Macédoine : l’intégration européenne de nouveau à l’ordre du jour ?

Candidat à l’entrée dans l’Union européenne depuis décembre 2005, au lieu de s’ouvrir sur l’Europe, la Macédoine a connu un repli sur soi. Pourtant la question de l’adhésion de l’ancienne République yougoslave est à nouveau à l’ordre du jour,  ravivant au passage le différend concernant son nom.

Le 9 avril, les députés de la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen ont ouvert une nouvelle fois le débat sur le processus d’adhésion de la Macédoine, commencé il y a huit ans. Les députés ont insisté sur le fait que « le début des négociations devrait permettre de changer la donne », c’est-à-dire permettre une meilleure politique interne et surtout la stabilisation des relations entre la Macédoine et ses voisines, notamment la Grèce et la Bulgarie.

« La question du nom a bloqué le chemin vers l’adhésion à l’UE »

La commission parlementaire a souligné que l’accord entre la Grèce et la Macédoine sur le nom officiel de ce petit pays de 2 millions d’habitants est une condition vitale pour démarrer le processus d’adhésion. En effet, la Grèce lui conteste le droit de porter le nom de « Macédoine » en raison des références historiques portées par celui-ci. Pour les Grecs, la Macédoine est une région géographique, qui est pour plus de 50% en Grèce et autour de 30% dans l’ancienne République yougoslave. Les Grecs contestent également toutes les références aux symboles de la Macédoine ancienne comme notamment le Soleil de Vergina qui est resté un certain temps sur le drapeau du jeune état balkanique. Pourtant malgré ces contestations, Skopje continue à revendiquer cet héritage notamment par le projet de monuments Skopje 2014 qui fait référence à ce passé glorieux.

La Bulgarie : nouvelle alliée de la Grèce ?

La Grèce n’est pourtant pas le seul Etat avec des objections à l’adhésion de la Macédoine. Dernièrement, la Bulgarie s’est aussi alliée à la position des Grecs en imposant son veto, en décembre dernier, pour le commencement des négociations. La Bulgarie, qui pourtant a été parmi les premiers à reconnaître le nouveau pays sous son nom de Macédoine, justifie sa décision par la dégradation de ses relations avec l’ancienne République yougoslave. Elle pointe également une négligence des droits des minorités bulgares en Macédoine et une propagande anti-bulgare soutenue par les autorités politiques.

Une visite controversée du Commissaire européen à l’Elargissement

Le 9 avril, Stefan Füle, Commissaire européen à l’Elargissement, a visité le pays pour la troisième fois cette année. Lors de sa visite, il a souligné que « malgré les grands efforts réalisés jusqu’à maintenant, [il n’a] pas l’impression que l’image de la Macédoine s’est améliorée à Bruxelles ». Il a aussi insisté sur la nécessité d’une meilleure garantie de la liberté d’expression et du dialogue politique. En outre, pendant sa visite, des nouvelles négociations ont eu lieu entre la Macédoine et la Grèce à New York. Nimetz Floats, envoyé spécial de l’ONU et chargé des négociations, a annoncé qu’une nouvelle proposition a été faite qui pourrait finalement aboutir à un accord entre les deux pays. Si c’est le cas, ce sera un grand pas vers l’Union européenne pour la Macédoine qui permettra aussi d’assurer une stabilité de la politique interne et étrangère du pays.

Cependant, à l’heure actuelle, il est impossible de fixer une date théorique de l’adhésion de la Macédoine à l’Union européenne. Les trois pays doivent trouver le plus rapidement possible une solution au problème car ce n’est que la coopération et les bonnes relations qui assureront la stabilité et la prospérité dans les Balkans, une région où l’hostilité a été présente pour une trop longue période.

Filip Salamitov

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