La Croatie adhère bientôt à l’UE

Après plus de dix ans d’attente, l’adhésion de la Croatie à l’Union Européenne sera finalisée le 1er juillet 2013. Dimanche 14 avril, les Croates élisent pour la première fois leurs députés européens.

Le drapeau européen et le drapeau croate sur le Ministère des Affaires étrangères et pour l'Intégration européenne. Photo : Bogdan Giuşcă

Le drapeau européen et le drapeau croate sur le Ministère des Affaires étrangères et pour l’Intégration européenne. Photo : Bogdan Giuşcă

La route vers le succès était longue. La Croatie a obtenu le statut officiel de candidat le 18 juin 2004 et a commencé les négociations d’adhésion le 3 octobre 2005. Le processus a été ralenti par divers points de blocage, comme la définition du tracé de la frontière croate avec la Slovénie ou la lutte contre la corruption, que Bruxelles a longtemps jugé insuffisante. Le 22 janvier 2012, 66% de la population a voté par référendum en faveur de l’adhésion de l’UE, mais l’abstention fut très élevée, puisque seulement 44% des électeurs sont allés voter.

L’adhésion à l’UE a pour conséquence de mettre en place une nouvelle réglementation économique et politique. Sur le plan économique, en adhérant à l’UE, la Croatie devrait quitter l’Accord de libre-échange centre-européen (ALECE) dont elle fait partie depuis 2002. Certains entrepreneurs croates pourraient être ainsi désavantagés par l’abrogation du régime douanier avantageux offert par l’ALECE. Cela constituerait alors une source de conflits économiques entre les pays ex-yougoslaves. En effet, d’un côté les produits croates vendus en Serbie et en Bosnie – les principaux partenaires économiques de la Croatie – paieront des droits de douanes plus élevés à cause des réglementations de l’Union Européenne. De ce fait de nombreuses grandes entreprises croates ont planifié la délocalisation d’une partie de leurs activités dans les pays voisins. On estime qu’environ 5000 ouvriers croates pourraient perdre leur emploi à cause de l’adhésion. D’un autre côté, Zagreb bénéficiera désormais de l’appui des 27 autres membres au niveau politique et économique. Le pays étant en récession depuis 2007, l’espoir de la reprise économique est dans l’adhésion. Par exemple, le tourisme- un des secteurs principaux de la Croatie – pourrait émerger grâce à la libre circulation de personnes et grâce à la diminution de la taxation touristique de 25% à 10%, tout en rendant le tourisme croate plus compétitif.

Différences régionales

D’un point de vue régional, l’entrée de la Croatie est bénéfique à l’économie de la région car plusieurs usines croates seront transférées en Bosnie-Herzégovine et en Serbie et embaucheront des ouvriers locaux. Les voisins non européens pourront tout autant se déplacer en Croatie, où certains ont l’habitude depuis la période yougoslave de prendre des vacances ou ont de la famille. « Pour les citoyens, rien ne changera. Les voyages se feront comme avant car heureusement nous n’avons pas de régime de visas avec les pays de l’UE », rappelle Jovan Teokarević, professeur de sciences politiques à la Faculté de Belgrade. Si l’adhésion croate peut représenter un espoir pour les autres pays candidats à l’UE, elle marque d’autant plus la différence entre les Etats-membres et les autres, toujours sur la liste d’attente.

Johanna Keresztes

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