L’ex-Yougoslavie toujours sur les podiums

La Yougoslavie, ou l’usine à fabriquer des légendes. Le monde du sport se souvient encore des sueurs froides qu’elle donnait aux ogres américains et soviétiques. Si le pays n’existe plus, son modèle sportif, lui, a perduré.

Une pratique structurée

Un palmarès incroyable en handball, une réputation au basketball qui lui a valu le surnom de « US nightmare » (cauchemar américain), la Fédération jouait dans la cour des très grands. Pour la Yougoslavie, il s’agissait, comme le dit Loïc Trégourès, responsable des sports pour Le Courrier des Balkans, « de se démarquer de l’URSS ». Dans la mise en place du modèle communiste yougoslave, après la rupture entre Staline et Tito, le sport est devenu un facteur-clé de la socialisation. La scolarité à l’allemande laissait la part belle aux activités sportives puisque les après-midis étaient libres. Ce qui est d’ailleurs toujours le cas aujourd’hui dans tous les pays de l’ex-Yougoslavie. Les structures étatiques telles que « l’armée, les chemins de fer ou les mines » subventionnaient des clubs qui rassemblaient les plus talentueux athlètes du pays. Les finances des clubs assurées, ne restait plus qu’à laisser le sport aux sportifs. Les sports collectifs étaient souvent préférés à des pratiques individuelles. Appliquant l’idéologie communiste au sport, on obtenait la mise en avant de l’équipe, jugée supérieure à l’individu.

Aujourd’hui les Etats ex-yougoslaves accordent encore beaucoup d’importance au sport, qui figure d’ailleurs dans la Constitution serbe. En plus d’une philosophie de vie particulière, le sport apporte une visibilité à des Balkans morcelés. Juste retour des choses, peut-être, alors que les organisations sportives sont toujours très soutenues, voire intégralement financées par des fonds publics.

Une vitrine avantageuse pour de tout petits Etats

Snežana Samardžić-Marković, Ministre serbe de la Jeunesse et des Sports jusqu’à juillet 2012, insistait, dans une interview pour Sport et citoyenneté, sur la qualité d’ambassadeurs des sportifs serbes qui trustent les podiums. Elle les voit comme des « vecteurs de rassemblement » derrière un drapeau et un hymne qu’ils contribuent à faire connaître à

Novak Djokovic

Novak Djokovic

travers le monde. La coqueluche serbe, le Djoker, est devenue l’égérie du pays. N°1 mondial depuis 2011 (avec une coupure en 2012), le tennisman Novak Djokovic a imprimé son visage dans l’imaginaire des Serbes, autant que sur leurs t-shirts. En Ex-Yougoslavie, entre basketball, handball, volleyball et waterpolo, même le handisport possède ses représentants, à l’image des volleyeurs assis de Bosnie-Herzégovine, médaillés de l’or paralympique londonien. Missionnés comme représentants, les sportifs victorieux auréolent de gloire leurs pays, les sortant de l’ombre pour un temps.

Morgane Carré

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