DJ Albanie : une scène musicale transfrontière

Pour égayer l’hiver pluvieux de Tirana, les Albanais friands de musique affluent dans les discothèques la nuit tombée ou profitent des rythmes traditionnels sur leurs téléviseurs. La sélection d’aujourd’hui se veut à l’image de la scène musicale albanaise, qui traverse les frontières avec des artistes tant du Kosovo que d’Albanie. Voici des rythmes venus tout droit de la région pour le bonheur des yeux et des oreilles !

Le hit du moment

« Ngjyra e kuqe » (la couleur rouge). La couleur rouge, c’est celle du drapeau national, celle de la passion et des lèvres des femmes dans les rues de Tirana… On n’est donc pas surpris de voir l’effet qu’elle provoque sur les hommes dans le clip, où le petit chanteur aide, avec l’espièglerie si caractéristique des petits Albanais, le chanteur plus âgé à séduire la mystérieuse détentrice d’un foulard rouge. Loin du kitsch que partagent bon nombre de clips albanais, « Ngjyra e kuqe » allie tradition, modernité et humour, représentatifs du nouveau « bon goût ».

Le classique

« Amanet », (testament) de Vesa Luma. La chanson rythme les rues albanaises et kosovares depuis 2010. Pas une personne là-bas qui ne connaisse les paroles par cœur ! L’auditeur averti maîtrisant le dialecte albanais guègue prêtera une oreille attentive aux paroles. Dans ce clip coloré, la chanteuse kosovare raconte la quête d’un jeune homme pour une fille « bien » qui plaise à sa mère. Evidemment, la belle-mère a couché, perfidement, ses recommandations et exigences dans son testament et le fils, jeune imbécile, s’est engagé bien sûr à les suivre. Une parole sacrée dont le respect importe tant aux Albanais… Un cas de figure qu’on peut retrouver dans certaines familles traditionnelles en Albanie et au Kosovo.

A hurler en boucle tous les 28 novembre et plus si affinités


Même après l’avoir beuglé à gorge déployée des centaines de fois le dernier 28 novembre, jour anniversaire de l’indépendance de l’Albanie, il est très probable que n’importe quel Albanais l’entonnera volontiers sur demande.

Pour les paroles, un rébus vaut mieux qu'une traduction impossible

Pour les paroles, un rébus vaut mieux qu’une traduction impossible

Nota Bene :
Souvent, dans les chansons populaires, évoquer le Kosovo, c’est évoquer les frères, pas faire une revendication territoriale. La carte de l’Albanie « ethnique » à la fin correspond pour la majorité des Albanais au rêve  d’une réunion pacifique et à la cohésion d’une communauté. Le   message véhiculé est néanmoins fort critiqué par de nombreux observateurs internationaux.

Pour danser sur les rythmes locaux

« Çiki dam ». Passe en boucle sur la chaîne « Real Music ». Avec une gestuelle maniérée, des paroles a l’eau de rose et des lunettes de soleil, le lover albanais, un brin démodé mais si typique, chante le « Çiki dam » un samedi soir en discothèque, à une jolie plante qui n’en croira pas un mot mais appréciera certainement.

Au mois prochain pour une nouvelle programmation albanaise !

Hélène Legay