La démocratie, fer de lance de la présidence albanaise du Conseil de l’Europe

Pour la première fois depuis son adhésion, l’Albanie préside pour six mois le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe. Une vitrine idéale pour un pays qui, malgré les nombreux défis, souhaite prouver ses capacités diplomatiques et démocratiques aux instances européennes.

« Unis dans la diversité », telle est la devise de cette présidence albanaise. Difficile de ne pas voir la référence appuyée à l’Union Européenne. En mettant au centre de ses priorités la diversité, la démocratie et la poursuite de la réforme de la Cour européenne des droits de l’homme, Tirana souhaite renvoyer l’image d’un « bon élève » européen. Mais l’Albanie, réputé pour sa tolérance religieuse, a une autre ambition : devenir le leader balkanique de la diversité.

La question régionale et le Kosovo au centre des priorités

 En effet, le Ministre des Affaires étrangères albanais, Edmond Haxhinasto, a annoncé que les questions régionales figureront parmi les priorités du pays, notamment en associant étroitement le Kosovo à cette présidence. Initiative saluée par le Ministre britannique des Affaires étrangères et président sortant du Comité des ministres, William Hague, qui a tenu à rappeler que le Royaume-Uni reconnait le Kosovo et souhaite vivement qu’il soit intégré à la communauté internationale. Plus loin encore que les frontières balkaniques, le secrétaire général Thorbjørn Jagland a souhaité que l’Albanie se tourne aussi vers la Biélorussie afin de combler l’absence du Conseil de l’Europe dans une région où les droits de l’homme sont quotidiennement bafoués.

Une légitimité mise au défi

Un des rôles de la présidence du Conseil de l’Europe est de contrôler l’application des principes de l’institution par les autres États membres. Un rôle dans lequel l’Albanie risque de manquer de légitimité, alors qu’elle fait face depuis 2008 à une crise politique sans précédent. Malgré ses efforts, reconnus dans le rapport 2011 de l’Union Européenne, Tirana souffre toujours d’administrations publiques et d’une économie rongées par la corruption.

Hélène Legay