« Pas de génocide à Srebrenica » : Nikolic fait reculer la Serbie de trois cases

Dès le lendemain de sa prise de fonction, le nouveau président serbe Tomislav Nikolic a créé la polémique en niant publiquement le génocide de Srebrenica. Une déclaration qui a choqué les pays voisins comme les partenaires européens.

Avec ses déclarations sur le génocide de 8000 Musulmans à Srebrenica en juillet 1995 commis par les forces bosno-serbes, l’image du Nikolic ayant coupé les ponts avec son passé d’ultranationaliste a fait long feu, réactivant les inquiétudes en Bosnie-Herzégovine. « Nier le génocide de Srebrenica […] n’est pas la voie de la coopération et du rétablissement de la confiance, mais justement le contraire – c’est la source de nouveaux malentendus et de tensions » souligne Bakir Izetbegovic, membre bosniaque de la présidence de Bosnie. L’établissement de relations de bon voisinage fait partie des exigences européennes auxquelles doit se conformer la Serbie, ce qui semble mal engagé.

Le risque renouvelé de tensions entre pays voisins

En Bosnie et en Serbie on attend avec impatience la réaction européenne. Pour Kada Hotic, de l’Association des mères de Srebrenica, c’est le moment pour l’Union de montrer ce qu’elle vaut : « si l’Union européenne ne réagit pas à cette déclaration et si elle continue à lui parler, alors je me demande quelle serait la différence entre Nikolic et l’Europe ». L’adhésion à l’UE a été un argument de poids dans le cadre du rétablissement du dialogue entre le Kosovo et la Serbie, elle peut l’être à nouveau pour obliger la Serbie à respecter les décisions des instances internationales et européennes.

Un défi lancé à l’Union ? 

Le  déplacement à Bruxelles du Président Nikolic prévu pour mi-juin sera l’occasion de clarifier sa position face aux responsables européens. Une porte-parole du bureau de Catherine Ashton a réaffirmé celle de l’UE, en rappelant que le génocide a été déterminé par jugement du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie et de la Cour de Justice de l’UE. En refusant de reconnaître ces deux jugements, le président serbe risque de mettre un sérieux frein aux progrès de son pays sur le chemin de l’Union alors que, candidate à l’UE depuis mars 2012, la Serbie attend avec impatience la date d’ouverture des négociations d’adhésion.

Marion Dautry

à lire aussi sur Café Balkans : Génocide de Srebrenica, une vérité qui reste à dire (18/04/2012)

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