Drague dans les Balkans : petit guide pratique à l’usage des jeunes filles

Danser ou boire une bière quand on est une fille voilà des choses fort banales à faire dans les souterrains des villes de l’ouest de l’Europe. Passés quelques kilomètres au sud est, mieux vaut oublier. De Tirana à Skopje, il y a des règles à respecter si on ne veut pas rentrer seule.

Sarajevo, un soir de février. Il est minuit passé et les rues sont désertes. Pas un bruit, sinon les basses de la discothèque Jež, dans le renfoncement d’une rue, presque impossible à trouver. Une fois la lourde porte passée., deux armoires à glace vous accueillent avec l’oeil moqueur. Les étrangères ne font pas partie de la clientèle habituelle.

Pour cinq marks convertibles -environ 2,50 euros-, l’entrée est gratuite, deux boissons offertes. Attention, boire une bière au goulot discrédite toute chance d’être approchée pour autre chose que pour son corps. Le whisky est à oublier. Jež est une boite, pourtant personne ne danse. Jeunes hommes et femmes sont tous attablés. Les plus hardis bougent nonchalamment les bras, et poussent la chansonnette sur «Sarajevo moje grad». Les esseulés, peu nombreux dans ce bar peuplé de couples, ne tardent pas à remarquer un groupe d’Occidentales se dandinant au milieu de la salle. Le cheveu ras et les épaules larges, ils les invitent à danser, comme on tourne des poulettes à la broche et en profitent pour lancer des blagues, sûrement grasses. Confiants de ne pas être contredits puisqu’ils s‘expriment en bosniaque.

Soumise et sexy

Une fois dehors pourtant, plus aucun risque d’être importunée. Une femme est plus en sécurité dans les Balkans qu’en France la nuit tombée. Elle doit cependant éviter de croiser le regards des hommes, qui peut constituer une invitation à plus. Le port de lunettes de soleil est donc conseillé. Dans les Balkans profonds, dont Jež est un bastion, une femme séduisante ne parle que quand on lui pose des questions. Elle est mystérieuse et porte du simili cuir. Elle ne boit pas d’alcool et ne vous invite pas au restaurant. Elle se fait désirer, mais sans être orgueilleuse. Et si possible, elle n’a pas de frère et une excellente réputation. Mais ce n’est rien face aux critères exigées pour une candidate au mariage. Si dans les Balkans, on se targue d’être  „occidentalisé“ et que les îles croates font office d’Ibiza, les valeurs patriarcales et une vision rétrograde de la femme restent encore largement partagées.

Hélène Legay  

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