La Chine à l’assaut des Balkans

Depuis le début des années 90, les pays des Balkans ont un nouvel allié stratégique : la Chine. Ces dernières années, les produits chinois ont commencé à inonder les marchés et les partenariats stratégiques se multiplient, tant au niveau financier que diplomatique. Plus qu’un nouveau terrain d’investissement, les Balkans constituent pour la Chine une porte d’entrée dans le marché européen.

Géant commercial et financier

La présence chinoise dans les Balkans n’est pas nouvelle, l’Albanie de Hodja s’en était  rapprochée dès 1975, mais au cours des dix dernières années la Chine a su conquérir tous les marchés balkaniques. Les produits chinois sont omniprésents et on a assisté à la création de véritables « Chinatown » dans tous les pays de la zone. Le 19 juillet 2011, le plus grand centre commercial chinois des Balkans a été inauguré dans la banlieue de Bucarest.  A Belgrade, le « China Trade Center Zmaj » avait été ouvert en juin 2010 ainsi que le Chinatown de Zagreb en août. La Chine est également devenue un investisseur majeur dans les Balkans. Moins frileuses que leurs homologues européens, les entreprises chinoises pratiquent des prix imbattables. Les partenariats stratégiques se multiplient dans les domaines de l’industrie, des infrastructures et des transports. Récemment, les investisseurs ont privilégié les projets énergétiques comme en Roumanie où la China National Electric Equipment Corporation a présenté un projet d’un milliard d’euros pour construire une centrale thermique.

Allié diplomatique

En Serbie, la Chine est plus qu’un investisseur, c’est aussi un allié diplomatique. Pékin a apporté un soutien sans faille à Belgrade dès le début de la guerre d’ex-Yougoslavie et appuie aujourd’hui la position serbe vis-à-vis du Kosovo. Les investisseurs chinois sont privilégiés, le groupe China Road and Bridge Corporation a par exemple obtenu la construction d’un pont à Belgrade sans que ne soit lancé un appel d’offre. En retour, Pékin a consenti un grand nombre de prêts à des taux extrêmement bas et sans contrepartie au gouvernement serbe.

L’objectif européen

Les Chinois mènent dans les Balkans une stratégie de long terme. Ils s’implantent en effet dans une zone directement liée à l’Union Européenne et destinée à y entrer à plus ou moins long terme. Ils court-circuitent les régulations anti-dumping de l’Union grâce aux accords de libre échange entre les Balkans et les pays de la zone euro et souhaitent opérer à terme un rapprochement entre l’Asie et l’Union Européenne. Les autorités chinoises veulent d’ailleurs faire ressurgir la Route de la Soie, reliant Asie et Europe par une voie de chemin de fer qui partirait de Chine pour aboutir dans les Balkans.

Constance Marécheau

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