Balkans, une complexité passionnante

On omet souvent une des plus grandes richesses des Balkans : les influences variées qui ont modelé ce carrefour entre l’Europe et l’Asie. Pas toujours simple, cependant, de se trouver à la croisée des chemins.

Influences diverses

L’influence des deux empires, ottoman et austro-hongrois, se retrouve encore aujourd’hui dans de multiples domaines. La gastronomie de la région résulte d’un heureux mélange des genres. Au menu, goulasch et viandes panées venus du Nord côtoient burek et pitas ottomans, des feuilletés au fromage ou à la viande. Au dessert, les gâteaux crémeux venus d’Autriche voisinent les pâtisseries au miel et amandes et le repas s’achève avec un café turc. Ce mélange des genres est encore plus visible dans l’architecture. Certaines régions ont été influencées par un style particulier du fait de leur situation géographique comme la Voïvodine où l’on trouve des monuments de style néo-classique et baroque alors que la région de Novi Pazar au Sud de la Serbie compte de nombreux caravansérails et mosquées. Cette diversité est d’autant plus frappante dans les villes disputées qui ont connu tour à tour l’influence ottomane et autrichienne. Ainsi à Sarajevo, le centre-ville a dans une rue des allures orientales avec de nombreuses mosquées et maisons ottomanes et dans l’autre un faux air de Vienne dû aux façades classiques décorées dans les tons pastel.

Brassage et écartèlement

Le revers de cette diversité est la difficulté de définir une identité dans une région tiraillée culturellement entre Est et Ouest. Le Sud est davantage marqué par la domination ottomane et le Nord par la protection autrichienne. Pourtant dans cet extrême brassage, les étiquettes et appartenances s’additionnent. L’influence ottomane est souvent rejetée, ressentie comme subie et qualifié de joug, alors que l’influence austro-hongroise est revendiquée car européenne. Les Balkans, aux influences culturelles entremêlées, sont impossibles à catégoriser.

Constance Marécheau