Referendum au Kosovo : au nord rien de nouveau

Les 14 et 15 février, 35 000 Serbes du nord du Kosovo ont voté au référendum organisé par quatre municipalités serbes, avec un résultat qui ne surprend personne : 99,7% de « non » à la question « Acceptez-vous les institutions de la prétendue république du Kosovo installée à Pristina ? »

La région du nord du Kosovo, occupée par un tiers des Serbes du pays, réclame son rattachement à la Serbie depuis le début des guerres des années 90. La victoire du « non » n’est donc pas surprenante, surtout après les tensions et violences débutées en juillet dernier autour des postes-frontière avec la Serbie. Par ce nouveau rejet de Pristina, les participants veulent « montrer [leur] volonté de rester dans la république de Serbie ».

Une initiative solitaire

Le referendum n’a pas été reconnue par Pristina, ni par les organisations internationales. Pour Pieter Feith, représentant civil international au Kosovo, il « portera préjudice à la réputation de la Serbie et punira le nord par la stagnation et l’isolation, qui font le jeu de vieux politiciens extrémistes ».

La Serbie rejette également l’initiative des municipalités serbes, et le résultat obtenu. Pour obtenir le statut de candidat à l’UE, la Serbie doit travailler au maintien des relations entre les gouvernements serbe et kosovar. Bruxelles doit d’ailleurs se prononcer à ce sujet le 28 février, une décision cruciale alors que la Serbie entre en période pré-électorale avant les législatives du mois de mai. Dans ce contexte, le porte-parole du gouvernement serbe, Milivoje Mihajlovic, se veut rassurant et prudent : « Quand nous clôturerons le dialogue sur les sujets techniques, alors les questions politiques seront posées sur la table. Et même là, le referendum n’aura aucune influence sur une quelconque question de statut. » La Serbie montre ainsi sa volonté de maintenir le dialogue, bien que les Serbes du Kosovo acceptent mal les accords passés entre Belgrade et Pristina.

Malgré ce désaveu, les élus serbes à l’origine du vote ont décidé de maintenir leur ligne de conduite radicale, quitte à ne plus bénéficier du soutien de Belgrade, sauf en ce qui concerne le soutien financier.

Marion Dautry