Les Balkans: une région condamnée aux stéréotypes?

Criminalité, mafia, corruption. Ces trois termes risquent d´émerger dans la tête de la plupart des Occidentaux en évoquant les pays balkaniques. La familiarisation avec la culture des Balkans, très limitée dans le reste de l’Europe, permet aux stéréotypes de créer une image restreinte, déformée et souvent fausse sur la région.

Au cours du 20ème siecle, l´attention de l´Europe commence à s´orienter vers les Balkans. Dans les années 1990, lors de la décomposition de l´ex-Yougoslavie, la région glisse au centre de l’intérêt européen. Cette période, violente et secouée par des revendications nationalistes, marque la conscience européenne. Les médias, transmettant des informations de la région généralement sans analyses et commentaires, nourrissent l´inquiétude et permettent un enracinement solide des stéréotypes et des préjugés. D´une connotation souvent très négative, ils éclipsent voire étouffent toute la richesse culturelle des Balkans.

Incompréhension et méfiance

Ce regard médiatique est avant tout héritier d´une incompréhension générale des Occidentaux face aux Balkans d’une culture radicalement différente, sous la domination des Ottomans pendant des siècles. Si les Balkaniques se sentent attachés d’un point de vue culturel et identitaire à l´Europe, les Européens peinent à s´identifier à eux. Il en résulte que l´excentricité culturelle et historique des Balkans rend plus facile la création des stéréotypes négatifs et généralement détachés de la réalité. Le nom des Balkans, d’origine ottomane, apparaît représenter une frontière héritée et difficilement surmontable entre la région balkanique et le reste de l´Europe.

Désillusion

Les Balkans sont-ils donc condamnés à être réduits à une dimension stéréotypée? La réalité n´est pas si pessimiste. Récemment, une tendance à démentir les clichés sur les Balkans s’est mise en place. En effet, le rapport de l´Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODOC) de 2008, revèle que la crimininalité dans les pays balkaniques est en général moins élevée que dans ceux de l´Occident. En outre, l´affranchissement des stéréotypes sur les Balkans est favorisé par le tourisme croissant dans la région. Sans discuter du bien-fondé des clichés, l´Europe s´avère prête à réévaluer son regard sur les Balkans. Pour y parvenir, il est crucial de laisser la peur de côté et de s’abandonner à la curiosité.

Antonín Sobek

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