Skopje 2014, un projet polémique

 « Skopje 2014 », le plan d’aménagement du centre-ville de la capitale macédonienne fait controverse au sein des communautés macédoniennes et albanaises depuis son lancement officiel en 2007.

Un renouveau « kitsch » de la capitale

 Annoncé comme un embellissement de la ville, le projet est décrit par ses détracteurs comme « un projet néo-baroque kitsch pour un dirigeant abusant de son pouvoir afin de laisser sa trace dans l’Histoire ». A son lancement, Skopje 2014 a été vivement critiqué pour le choix des édifices et son coût de 200 millions d’euros alors que le pays est frappé de plein fouet par la crise. Malgré les promesses faites au début du projet, la minorité albanaise, qui représente un quart de la population du pays, a été oubliée. Les statues de la place principale sont toutes issues de l’histoire slave, une église orthodoxe les rejoindra bientôt et le musée de l’archéologie, en forme d’église byzantine, se dressera sur l’ancienne forteresse ottomane.

Parmi la population, les critiques se sont vite taries, ce que le professeur et architecte Miroslav Grcev voit comme le glissement du pays vers une dictature à parti unique. Sur la Toile et à l’étranger, le projet est dénoncé pour son manque de transparence, son coût et son but douteux.

Un projet aux relents de nationalisme

Si peu de temps après le conflit de 2001 entre les Slaves macédoniens et les Albanais, Skopje 2014 remet en exergue les conflits nationalistes internes et externes qui agitent ce petit pays de 2 millions d’habitants. La minorité albanaise, majoritairement musulmane, ne se reconnaît pas dans les symboles choisis.

La Grèce s’est elle aussi irritée du choix des statues, accusant la Macédoine de capter à son profit un héritage qui ne lui appartiendrait pas. Avec une candidature d’adhésion à l’UE bloquée par la Grèce depuis 2004, le gouvernement a cédé à la pression : la statue d’Alexandre le Grand de 22 mètres de haut érigée sur la place centrale et entourée de fontaine a été rebaptisée « statue d’un homme à cheval », preuve que le passé est loin d’être perçu par tous de la même manière.

Marion Dautry

à lire aussi sur Café Balkans : « Skopje 2014 » – l’heure du bilan (20/02/2013)

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