Zlatan Ibrahimovic, le plus balkanique des Suédois

Zlatan Ibrahimovic, l’attaquant star du PSG, 31 ans, vient de publier son autobiographie, intitulée en toute modestie Moi, Zlatan Ibrahimovic. Où l’on découvre un Zlatan qui ne fait pas que « zlataner ».

Zlatan Ibrahimovic, tel le roi Midas, transforme tout en or : le ballon comme les droits d’auteur. Non content de sa brillante carrière sportive et de son salaire exorbitant de 14 millions d’euros, son livre est un véritable succès en Suède, son pays natal, où il s’est vendu à 500 000 exemplaires. Il entend bien aller au-delà de son image de footballeur talentueux au caractère arrogant et explosif si bien illustrée par sa marionnette des Guignols de l’Info.

Né en 1981 à Rosengard, un quartier pauvre et peuplé d’immigrés de la banlieue de Malmö, en Suède, d’un père bosniaque et d’une mère croate, Zlatan connaît une enfance pour le moins difficile. Ses parents divorcent alors qu’il n’a que deux ans. Sa mère, qui gagne laborieusement sa vie comme femme de ménage, n’hésite pas à le frapper, tandis que sa demi-sœur trafique de la drogue. Il est alors placé chez son père, concierge alcoolique, qui assiste impuissant à l’implosion de son pays d’origine, la Yougoslavie, et oublie régulièrement de nourrir ses enfants.

Droit au but

Elève médiocre, Ibrahimovic passe son adolescence à jouer les caïds et à voler des vélos, tout en rêvant de devenir footballeur professionnel.

Moi, Zlatan

Très jeune, il manifeste un talent incontestable pour le football qu’il pratique dès l’âge de 6 ans au sein du FBK Balkan. Si Zlatan se sent parfaitement à son aise dans cette équipe d’immigrés yougoslaves, c’est tout le contraire lorsqu’il intègre le Malmö FF, où il est le seul fils d’étrangers. Pourtant, très vite, il signe avec les meilleurs clubs européens. De l’Ajax Amsterdam au PSG en passant par le Milan AC, Zlatan a brillé dans tous les équipes qu’il a fréquentées. Il a également su s’imposer au sein de la sélection nationale suédoise, dont il est le capitaine.

Un Zlatan, des identités

Une véritable success story. Détenteur à la fois des nationalités suédoise et bosnienne, Ibrahimovic entretient pourtant des rapports ambivalents avec les Balkans. Il esquive régulièrement les questions portant sur ses origines et rechigne à converser dans la langue de ses parents. Pourtant, il affectionne particulièrement le FBK Balkan, dont il a financé la rénovation du terrain.

Alors qu’un journaliste l’interroge sur son style de jeu, lui demandant s’il est « plutôt Suédois ou Yougoslave », il répond que « c’est du Zlatan style ». L’histoire de Zlatan Ibrahimovic, immigré de seconde génération, aux identités multiples et complexes, oscille entre sa terre d’accueil et son pays d’origine. Comme des passes en milieu de terrain.

Hélène Mastowski

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